De Lente aardappelen zijn eindelijk aangekomen 1916

De Brusselse bevolking is dol gelukkig dat ze opnieuw aardappelen kan eten. Een getuigenis :

C’est un grand jour, aujourd’hui : on fête les patates nouvelles, et c’est un pittoresque spectacle, l’attroupement, aux portes des magasins communaux, de milliers de ménagères, et d’hommes aussi, et d’enfants qui viennent, pour la première fois, chercher leur ration de 300 grammes. Il faut se mêler à cette foule et parmi elle, attendre patiemment son tour – deux heures ! – pour bien pénétrer l’âme populaire et se rendre compte de l’état toujours robuste des esprits après deux ans de tyrannie et de souffrances. Sans doute, il y a des lamentations ; presque toutes les bourses sont plates ; la gêne si pas la misère, est au foyer ; et, dans le nombre, combien qui ont, le cœur fendu par l’interminable absence d’un mari ou d’un fils appelé au champ de combat ! Mais de l’ensemble des réflexions échangées, des menus propos, des plaisanteries alternant avec les sombres pensées, se dégage une impression de courage indomptable et de confiance illimitée. Il semble que tous ces gens aient adopté pour devise : je tiendrai bon ! 

De Brusselaars staan in de rij om hun rantsoen aardappelen (300 g.) te krijgen . Sommigen hebben geen geld meer, anderen hebben een man of een zoon aan het Front, maar zij zullen de moed niet laten zakken. "Je tiendrai bon!"

(GILLE Louis - OOMS Alphonse en DELANDSHEERE Paul, Cinquante mois d'occupation allemande, t. II 1916, Brussel, 1919, blz. 209)