Le mouvement révolutionnaire ne prend forme que le 10 novembre 1918 avec l’arrivée fortuite du Dr Hugo Freund, membre de l’USPD depuis 1917, en route de Braine-le-Comte à Liège. Il n’a peut-être aucun lien avec Bruxelles, mais il a néanmoins l’appui politique de Haase, président de l’USPD et vice-président du Conseil des Commissaires du Peuple à Berlin. Il rejoint les soldats révoltés à l’Eisenbahnerheim, où il lance un appel aux soldats politisés et syndicalisés à se joindre à lui. Hugo Freund et 14 soldats politisés se réunissent dans un estaminet près de la gare du Nord où ils élaborent un plan pour former un vrai Conseil des Soldats. Il y est probablement rejoint par les membres du premier Soldatenrat de Bruxelles. Il veut absolument éviter un bain de sang à Bruxelles, entre soldats allemands et citoyens belges. La commission des 14 adhère au programme du Soldatenrat. Le gouverneur militaire fait la sourde oreille à leurs appels de ralliement. Devant l’affluence de « camarades » devant le home des cheminots de la gare du Nord, il décide de s’adresser à eux afin d’expliquer le programme du Soldatenrat de Bruxelles, sur la place Poelaert, devant le Palais de Justice. Il monte dans une voiture et traverse Bruxelles, de la gare du Nord au Palais de Justice. Un cortège de plusieurs milliers de soldats allemands, - la plus grande partie de la garnison -, sans armes, en rang par 10 précédés d’un auto-camion empli de fusils, parti vers 14h00 de la gare du Nord en agitant des drapeaux rouges et un drapeau français. Les soldats jettent à la foule leur cocarde aux couleurs allemandes et se dirigent par la Grand-Place et la place Saint-Jean vers le Palais de Justice. Sur leur passage, on pousse des cris de « Vive la Belgique ! » « Vive la France ! ». A la place Poelaert, les manifestants, au nombre de 5.000 à 6.000, tiennent un meeting ; un simple soldat se dresse dans une voiture et s’adresse à la foule afin de demander que cesse les combats et pour annoncer la proclamation de la République.. Une partie des manifestants, drapeau rouge en tête, monte vers la Porte de Namur. Le plus gros contingent a suivi la rue de la Régence. A l’Hôtel de France, des officiers ont été dégradés et le drapeau allemand foulé aux pieds.

La rue de la Loi est noire de monde, des civils belges et des militaires allemands. Le « Genosse » Nottebohm s’adresse à la foule qui s’impatiente et lui demande de rester calme et de respecter la discipline. La Commission des 14 apparaît enfin au balcon du Palais de la Nation et le Dr Freund annonce que  le gouverneur-général est mis en détention, qu'il a accepté tous les desiderata des soldats et que seul le Conseil des Soldats de Bruxelles possède l’autorité. Un socialiste belge prend la parole et demande à ses concitoyens de garder le calme et de fraterniser avec les soldats allemands. Un matelot enlève le drapeau impérial et hisse le drapeau rouge. Des soldats jettent leurs cocardes et entonnent de joyeux couplets. Des Belges se joignent aux manifestants pour chanter l’air du Suffrage Universel. A la Bourse, des soldats arrêtent les autos montées par des officiers, désarment ceux-ci et leur enlèvent leurs épaulettes. On a fait subir le même sort aux officiers de l’hôtel du Kronprinz Rupprecht de Bavière.. Après les événements sur la place Poelaert, la Commission se rend auprès du commandant von Soden, en présence du gouverneur de Bruxelles et du Brabant, von Hurt, pour accepter les conclusions. Entretemps une délégation se rend auprès du gouverneur-général. Pendant ce temps, c’est l’effervescence dans les prisons, des marins venus de Kiel délivrent les déserteurs (et les prisonniers politiques) détenus à la prison de St-Gilles qui venaient grossir les rangs de leurs camarades. Selon certains témoins, il y aurait eu une bagarre qui aurait duré toute la nuit. Les Belges enfermés à la Kommandantur de la rue de Louvain ont été libérés dimanche soir (10 novembre). Par la suite, le gouverneur-général disparaît de la scène le Kronprinz Rupprecht de Bavière cherche asyle à l’ambassade d’Espagne. Les autres fonctionnaires se sont soumis à leurs nouveaux maîtres.

 

Gedurende de hele dag van 9 november 1918 werden er onderhandelingen gehouden tussen de afgevaardigden van het generaal-gouvernement en officieren die voorstander waren van de organisatie van een Soldatenraad om zodoende de toestand onder controle te houden. Vrije vergaderingen werden eveneens georganiseerd in een Eisenbahnerheim (rustplaats voor spoorwegbedienden) in de omgeving van het Noordstation, waar waarschijnlijk de uiterst linkse ambtenaar en kunstliefhebber, Karl Einstein, het woord zou gevoerd hebben. Uiteindelijk werden tijdens de nacht van 9 op 10 november 1918 afgevaardigden verkozen om met de gouverneur-generaal te onderhandelen over de vrijlating van politieke gevangenen en over het uitdelen van oorlogswapens aan de soldaten, die zouden aangevallen worden. De gouverneur-generaal heeft een positief antwoord gegeven aan de eerste vraag, maar hij heeft de tweede wens niet kunnen inwilligen. De reden voor zijn weigering zou misschien iets te maken hebben met het gebrek aan wapens, ofwel wou hij niet dat er nog langer soldaten zouden sneuvelen.

De opeisingen houden niet op. De Duitsers vorderen alle koperen voorwerpen zoals deurknoppen, vensterknop, luchters en ... straatlantaarns. Begin september 1918 heeft de Duitse overheid beslist alle straatlantaarns die s'nachts niet meer branden op te eisen (9 lantaarns op 10) om koper te winnen. Het Brussels stadsbestuur had onmiddellijk door wat de Duitsers van plan waren : Brussel in het donker te zetten en het hele elektriciteitsnet uit te schakelen. Ingenieur Wurth, secretaris van de Schepen van Openbare Werken heeft de beslissing bij de Duitsers aangeklaagd, maar zoals steeds bleven de Duitsers onvermurwbaar. Volgens de bezetter, zou Brussel als voorbeeld moeten dienen voor de randgemeenten. Dit houdt geen steek, want in sommige randgemeenten waren de Duitsers reeds bezig de straatlantaarns te verwijderen.

Dankzij een ingewikkelde methode, konden de Brusselaars de opgeëiste koperen voorwerpen terug krijgen.

Bron: GILLE (Louis) - OOMS (Alphonse) - DELANDSHEERE (Paul), Cinquante mois d'occupation allemande, t. IV, 1918, Brussel, 1919, p. 302-304.

In het boek "Cinquante mois d'occupation allemande", merken we op dat de Brusselaars opnieuw hopen. De angst verdwijnt langzaam, de mensen glimlachen opnieuw. Men heeft de indruk dat de mensen lichter geworden zijn. Nog even geduld en de Bevrijding komt dichterbij.

Op de datum van 2 september 1918 lezen wij het volgende : "Voilà six semaines que l'offensive sur la Marne qui devait, définitivement cette fois, conduire les Allemands à Paris, s'est transformée pour eux en défaite, et la défaite continue. La situation militaire en France vient d'être caractérisée aussi spirituellement qu'exactement dans une affiche clandestine placardée à Charleroi; on y fait télégraphier par le Kaiser à l'impératrice : " Grâce à Dieu tout-puissant, à nos héroïques armées, au Kronprinz et à moi-même, nous continuons à reculer conformément aux ordres reçus". Depuis deux mois, plus que de bonnes nouvelles du front, et dont chacune accentue la victoire mentionnée par la précédente. Enfin! le moment que nous attendons depuis quatre ans est arrivé, - le moment où la victoire s'attachera définitivement à nos drapeaux et ramènera nos troupes au cœur du pays, chassant devant elle les Boches en déroute.

"Finis les jours d'anxiété et de cauchemar, les jours sinistres tels que ceux que nous avons traversés au commencement de ce printemps, lors de la fameuse ruée allemande qui a failli faire une brèche désastreuse dans le front franco-britannique. A nous le sourire maintenant.

"Et il s'épanouit, ce sourire, sur tous les visages - sauf ceux des Allemands bien entendu. Il y a je ne sais quelle allégresse dans la physionomie du public; on dirait que les gens marchent, se meuvent avec plus de légèreté. Même les colporteurs du "Bruxellois", - qui a grande vogue à la fin de l'après-midi parce qu'il paraît alors avec le dernier bulletin militaire français, - entendent ne pas perdre leur part dans la débâcle de l'ennemi. On en entend qui crient sans vergogne "grande défaite allemande!" et, pas plus tard que tout à l'heure, j'en ai vu un qui jetait narquoisement ce cri à la figure d'un gros Allemand, en même temps qu'il lui agitait un exemplaire du torchon sous le nez."

Bron : GILLE (Louis) - OOMS (Alphonse) - DELANDSHEERE (Paul), Cinquante mois d'occupation allemande,t. IV 1918, Brussel, 1919, p. 301-302.

Onder de bezetting, hebben de Duitsers auto's, paarden, muilezels en andere vervoersmiddelen opgeëist, zodat de Brusselaars geen andere keuze meer hadden dan ossen of koeien, ezels of zelfs mensen te gebruiken om zware lasten voort te trekken. Op de foto zien we een raar voorspan : vijf mannen trekken een zware kar door de besneeuwde straten van Brussel.

Aangezien Brussel door de Raad van Vlaanderen beschouwd wordt als hoofdstad van Vlaanderen, dienen alle menselijke contacten, zowel schriftelijk als mondeling, in het Vlaams te gebeuren.  Blijkbaar wordt het niet door alle burgers nageleefd, zelfs al worden zij bestempeld van Flamingantisme. Onderwijs geven in het Vlaams blijkt een groot probleem voor sommige religieuze orders. De Vlaamse Activisten hebben blijkbaar niet zoveel aanhang als zouden de gecensureerde kranten het willen doen geloven.

Louis GILLE, Alphonse OOMS en Paul DELANDSHEERE getuigen van wat er op die dag, 21 augustus 1917 gebeurd is:

Juffrouw LAMS, directrice van de Vlaamse Normaalschool voor Meisjes van Laken, aangesteld door de Vlaamse overheid tijdens de bezetting, heeft zware blunders begaan volgens de Raad van Vlaanderen en één daarvan is het ontvangen van een in het Frans geschreven factuur. Zij werd toen op het matje geroepen door haar overstenv en door de Raad van Vlaanderen.

Verder kunnen de Zusters van Sainte-Julienne geen catechismusles meer geven, aangezien zij verplicht zijn hun lessen in het Vlaams te geven en zij de Vlaamse taal niet beheersen.

Tenslotte brengen de Vlaamse Activisten s'zondags de "Blijde Boodschap" in alle Vlaamse dorpen. De dorpelingen mogen hun mening zeggen na de redevoering van een vooraanstaande Flamingant, zoals August Borms. In Herent heeft een gemeente onderwijzer zijn mening geuit en s'anderendaags werd hij naar Duitsland gedeporteerd.

Bron : GILLE, Louis - OOMS, Alphonse - DELANDSHEERE, Paul, Cinquante mois d'occupation allemande - t. III 1917, Brussel, Librairie Albert Dewit, 1919, p. 387-388

 

Het gaat hier om een nutteloze nieuwigheid, aangezien niemand meer gehaast is en nog geld op zak heeft, tenzij... oorlogswoekeraars. Volgens de joernalist van de "Événement illustré 1917" is het een fenomeen van tijdelijke aard, een curiosum.