Les Bruxellois gardent le sourire, 18 août 1918

Les Bruxellois ont le sourire et le gardent. Il y a de quoi : les Alliés progressent et mettent les troupes allemandes en déroute. Les communiqués militaires allemands reconnaissent qu'ils sont en mauvaise posture, qu'ils perdent des villages et des villes importantes dans le Nord de la France.

Qui est l'architecte de l'offensive alliée qui met les Allemands en déroute? Le Maréchal Foch.

Le dimanche 18 août 1918, le journaliste bruxellois écrit dans son journal de guerre : "Les Alliés continuent à attaquer avec ténacité entre l'Ancre et l'Oise, modifiant profondément le front de bataille : la contre-offensive du général (sic) Foch dépasse toutes nos espérances. Elle a, d'un seul coup de boutoir, refoulé les Allemands en déroute jusqu'à Roye et Noyon. Eux-mêmes avouent 30.000 prisonniers et 600 canons perdus - mais les estimations françaises, dont nous avons l'écho par les journaux hollandais, doublent ces chiffres.

"Au lendemain de la contre-offensive de Foch entre Reims et Soissons, cette attaque soigneusement préparée, adroitement dissimulée et prononcée au bon endroit avec un mordant inégalable; a dégagé largement Amiens et a remis à la disposition des Alliés la grande voie ferrée Amiens - Montdidier - Paris. Le résultat moral est plus considérable encore : elle révèle décidément le général Foch comme un chef en qui le soldat peut mettre toute sa confiance, le chef qu'il fallait à l'heure cri!tique, le chef qui a su réaliser ce que Napoléon proclamait être une des formes les plus difficiles de la stratégie : passer victorieusement de la défense à l'offensive.

"Bruxelles est métamorphosé : depuis si longtemps nous avons désappris le sourire." (Pourquoi Pas? pendant l'occupation, p. 194)