Le gouvernement belge a suivi la politique d'occupation française en Rhénanie. A partir du 26 novembre, les troupes alliées traversent la frontière allemande. Les Belges doivent envoyer cinq divisions pour occuper la zone entre Düsseldorf et la frontière néerlandaise, avec comme tête de pont Aix-la-Chapelle et Krefeld. En occupant la Rhénanie, il fallait faire comprendre aux "Boches" qu'ils avaient perdu la guerre et qu'ils devaient payer pour toutes les destructions et la souffrance qu'ils avaient infligée aux populations civiles françaises et belges. Les Allemands devaient payer en argent et en charbon.

D'après les caricatures belges et bruxelloises, les soldats belges étaient traités comme des seigneurs, des maîtres par la population rhénane. Des Allemands se baissent devant les soldats, d'autres les saluent. Dans la zone d'occupation française, les civils allemands avaient l'obligation de saluer les soldats et officiers français, saluer le drapeau français et respecter l'heure française.

Entre 1923 et 1924, la Ruhr fut occupée, parce que les Français et les Belges estimaient que les Allemands n'avaient pas payer les indemnités requises. Pendant cette occupation, les usines et et les mines de charbon furent surveillées de très près. Il y eut des victimes du côté allemand.

Les Belges ont quitté leur zone d'occupation en 1929.


Conformément au paragraphe V du chapitre A de la Convention d'Armistice, l'armée allemande devait se retirer derrière une zone neutre de 10 km de large sur la rive droite du Rhin et les troupes alliées devaient occuper cette zone et contrôler quelques têtes de pont dans un rayon de 30 km autour de Mayence, Cologne et Coblence. Les vainqueurs sont chargés de faire comprendre aux Allemands qu'ils ont perdu la guerre et de se prémunir contre toutes tentatives de reprise du conflit par les Allemands. L'objectif des Alliés anglophones par contre est de relancer l'économie du pays et de s'assurer la collaboration de l'administration allemande en cherchant à se concilier la population rhénane.

Le 15 novembre 1918, le maréchal Foch fixe les règles qui doivent être appliquées dans les régions occupées, tout en respectant la Convention de La Haye de 1907. L'administration d'occupation se superpose aux administrations allemandes préexistantes. Elle exerce des tâches de police au sens large.

En pratique, la rive droite du Rhin est divisée en quatre zones réparties entre Français, Britanniques, Américains et Belges. Les premiers occupent avec 21 divisions une zone de Lauter à Bingen (avec comme chef-lieu Mayence), les deuxièmes, la zone allant de Bonn à Düsseldorf (avec Cologne comme chef-lieu); les troisièmes, la zone de Bingen à Bonn (avec Coblence comme chef-lieu) et les derniers, de Düsseldorf à la frontière néerlandaise (chef-lieu : Aix-la-Chapelle). 

A partir du 26 novembre 1918, les troupes alliées font leur entrée en Allemagne en suivant la retraite des soldats allemands de très près!! Les soldats ont reçu la consigne d'être toujours armés et d'être sur le qui-vive. Les Britanniques entrent à Cologne le 6 décembre 1918 après avoir envoyé des unités en reconnaissance. Les Dragoon Guards font leur entrée, précédant l'infanterie et l'artillerie, au son de la cornemuse et du tambour. Les Allemands de leur côté ont reçu la consigne d'accepter l'occupation, de ne pas résister et de montrer leur indifférence. Mais les habitants sont contents de voir arriver les Alliés, principalement les Britanniques, car ils espèrent qu'ils feront régner l'ordre et le calme, condition pour la reprise de l'économie et du commerce. Il ne faut pas oublier que la population allemande vit encore sous le blocus britannique et en outre, elle craint la brutalité et les exécutions des Bolcheviks allemands. Dans l'ensemble, une bonne entente amicale s'installe entre soldats alliés et population allemande. Malgré les ordres de l'état-major et du gouvernement, des soldats britanniques fraternisent avec la population et apportent de la nourriture et des vêtements. Churchill a même encouragé l'aide à la population allemande, afin d'encourager la reprise de l'économie en Allemagne pour renouer des relations économiques avec la Grande-Bretagne. Les soldats américains font de même, car beaucoup d'entre eux sont d'origine allemande. Les civils allemands n'apprécient pas les soldats français et belges, car ils font sentir qui est le vainqueur et qu'ils feront payer aux Allemands ce qu'ils ont fait subir à leurs concitoyens dans les territoires occupées. Par des maladresses, les Français se sont fait haïr par la population civile.

Les American Forces in Germany sont restées jusqu'en 1923, tandis que les Britanniques, les Français et les Belges sont restés jusqu'en 1929. La dernière unité française à quitter la Rhénanie le fit en juin 1930. 

Le 18 novembre 1918, le groupe d'armée des Flandres est dissout. Mais les soldats ne regagnent pas tout de suite leurs pénates. La Belgique est libérée du joug allemand, mais l'Armistice ne signifie pas encore la paix, qui ne viendra qu'après la signature du Traité de Versailles, le 28 juin 1919. L'état de siège est toujours en vigueur, ce qui explique que l'armée belge est toujours sur le pied de guerre. Le 30 novembre 1918 les territoires belges et luxembourgeois sont définitivement libres! Tous les Allemands qui les occupaient sont soit prisonniers, soit retournés dans leur patrie.

La Convention d'Armistice est d'abord prolongée de mois en mois et ensuite pour une durée indéterminée. Des troupes alliées restent en Belgique et chaque armée occupe une zone bien déterminée. Des unités de la cavalerie australienne bivouaquent dans les Ardennes belges. Beaucoup de soldats logent chez l'habitant. 

Des unités de l'armée française passent par Bruxelles, sur leur chemin vers l'Allemagne.

Avant les terribles événements des 17 et 18 novembre 1918, des rumeurs faisaient déjà état d’une explosion rue de la Station à Asse. L’administration communale de Bruxelles demande à un agent de vérifier les nouvelles. Le 13 novembre 1918, Einstein, membre du Conseil des Soldats annonce au bourgmestre ff. de la Ville de Bruxelles qu’il lui abandonne les gares et la surveillance des wagons abandonnés à partir du 14 novembre. Les Allemands sur le départ se frottent les mains, s’il y a des problèmes de sécurité après leur départ, c’est l’administration communale qui devra résoudre les problèmes de sécurité et d’ordre public. Entre temps, des soldats allemands restés sur place vendent les marchandises (nourriture, vêtements, etc.) se trouvant encore dans les gares bruxelloises et des armes qu’ils devraient remettre aux autorités belges selon les conditions de l’armistice « Il est évident qu’ils ne demanderaient pas mieux que la population civile pille pour pouvoir dire qu’ils les ont remis. ». Le bourgmestre ff. de la Ville de Bruxelles ne voulant pas perdre de temps s’empresse de demander à son collègue de Saint-Gilles d’envoyer des agents de police pour surveiller et garder le dépôt de la gare du Midi abandonné par les Allemands. Mais entre temps des bandes armées sèment la terreur à la gare de Tour et Taxis et la police se sent impuissante face à ces pillards armés de fusils et de mitrailleuses. A Koekelberg, à la chaussée de Jette, des gamins armés circulent en rue et la police n’arrive pas à les désarmer. Les administrations communales de l’agglomération bruxelloise se rendent compte qu'ils vivent sur une marmite prête à exploser.  Toutes ces marchandises sont bien tentantes pour la population manquant de nourriture et de biens de première nécessité . Quand on sait que les habitants ont faim et que le maintien de l'ordre n'est pas vraiment assuré, on peut s'attendre à une catastrophe. La situation est périlleuse car pratiquement toutes les gares bruxelloises sont concernées. Tour et Taxis, Bruxelles-Ouest, Bruxelles-Midi, Schaerbeek, Forest-Midi, Jette, Luxembourg, l’Allée Verte, Watermael-Boitsfort et Etterbeek. Des incidents surviennent le 16 novembre 1918, il y a déjà des incendies de moindre importance dans les gares du Midi et de Schaerbeek-Haren. Malgré les incendies et les barrages de police, les pillards continuent leur sale besogne. Des ménagères prévoyantes achètent des conserves… et quelques grenades aux jeunes vendeurs à la sauvette. Des munitions gisent dans de nombreux bâtiments abandonnés peu auparavant par des soldats allemands et des obus sont retrouvés dans les urinoirs publics. Plus inquiétant, la pression monte autour des gares. Au fil du temps, les forces de police et la garde bourgeoise, mobilisée pour la circonstance, éprouvent de plus en plus de difficultés à contenir les foules désireuses de faire main basse sur les cargaisons des trains de marchandises et de munitions qui y sont abandonnées. Il ne s’agit pas d’actes isolés, plusieurs milliers de personnes participent à ces pillages et tentatives de pillages.

Peu de temps après la proclamation officielle de la libération de la Ville de Bruxelles retentissent les premières explosions. A la gare du Midi (Saint-Gilles), deux trains de munitions venaient d’exploser occasionnant de nombreux morts, blessés et des dégâts matériels fort importants ; toutes les rues jouxtant la gare sont touchées, les dégâts vont du simple bris de verres jusqu’à l’éventration de la façade. Selon un journaliste de la Dernière Heure, les services d’ordre interviennent très vite pour mettre les habitants des quartiers voisins à l’abri des explosions et des incendies. Les pompiers de St-Gilles sont vite sur place, mais ils ont du mal à se rapprocher du foyer de l’incendie pour secourir les grands brûlés. Des officiers américains auraient sécurisé des wagons transportant de la dynamite. Des explosions retentissent encore après 20 heures. A la gare du Nord (St-Josse-ten-Noode), les explosions occasionnèrent des dégâts matériels moins importants. La police est intervenue à la gare de Tour et Taxis pour empêcher tant bien que mal les pillages après les explosions. Dans la soirée, il y a encore des détonations, plus espacées et moins fortes, et des lueurs rouges épouvantables illuminant tout le ciel vers le nord. A l’époque la police était convaincue que les explosions étaient intentionnelles et préméditées et non accidentelles. Dans la plupart des gares de l’agglomération bruxelloises, des wagons de munitions allemands avaient été abandonnés par l’occupant en retraite. N’étant pas au courant du piège, les pillards étaient venus en nombre pour piller les wagons de marchandises. Cela explique le grand nombre de morts et de blessés parmi les civils sur place. Les événements survenus en gare de Bruxelles-Midi et de Schaerbeek-Haren se soldent par un total de 15 morts (5 femmes, 9 hommes et une personne non identifiée) et 36 blessés vus et recensés comme tels par le corps médical (11 femmes et 25 hommes). Les dégâts aux voies, aux infrastructures ferroviaires et au matériel roulant sont importants. Environ 2.300 maisons sont endommagées à des degrés divers : bris de vitre, toitures soufflées, chambranles arrachés, seuils et linteaux fendus…D’autres endroits dans la ville avaient été piégés, comme le Palais de Justice, le Parc de Bruxelles et des bâtiments utilisés et abandonnés par les autorités occupantes allemandes. Ces explosifs ont été désamorcés à temps.

La plupart des victimes était des pillards qui, par amour pour le butin, n’hésitaient pas à résister à main armée à la police belge cherchant à les contenir.

Qui sont les coupables ? Selon les autorités belges et bruxelloises, encore sous l’émotion des atrocités commises par les Allemands pendant la Grande Guerre, le coupable tout désigné est le Boche. Certains témoins bruxellois accusent formellement les Allemands d’avoir tout préméditer : 90 wagons de munitions échelonnés entre la gare du Midi et Vilvorde ont été piégés par les Allemands. D’autres témoins incriminent ces derniers car ils étaient bien capables d’élaborer une véritable politique de sabotage : la répartition des trains et la concentration des wagons, afin d’accentuer le sinistre, en seraient le révélateur. D’autres encore affirment avoir entendu les Allemands parler de la destruction de gares et de l’installation de bombes à retardement. D’autres certifient avoir observé le manège étrange de soldats allemands prenant la fuite peu de temps avant les incendies et les explosions. Une dernière catégorie de témoins prétend avoir vu des prisonniers italiens, voire des pillards civils, bouter le feu pour effacer les traces de leurs larcins ou qui, simplement, commettent des imprudences. D’après de récentes recherches, il n’y a rien qui puisse incriminer les Allemands ; il n’y avait pas de préméditation. Il s’agit donc bien de faits isolés. La plupart des incendies et explosions semblent être le fait de la bêtise ou de l’imprudence des civils qui se livrèrent au pillage des wagons trop peu surveillés par les par les forces de l’ordre.

Après la libération des prisonniers politiques belges par von der Lancken et l’annonce officielle de l’Armistice, les Bruxellois espèrent revoir leur bourgmestre bien aimé au plus vite pour remettre de l’ordre dans sa bonne ville. L’impatience rend les Bruxellois nerveux et inquiets. Le Bruxellois a prétendu qu’Adolphe Max a été libéré et ramené par le Conseil des Ouvriers et des Soldats, qui avait envoyé un courrier par automobile à Goslar, son lieu de détention Il faut nuancer. La Dernière Heure du 18 novembre 1918 relate en détail sa libération et son retour à Bruxelles :

Le 13 novembre 1918, à 3 h., « M. l’échevin Jacqmain avait été averti par un soldat allemand de ce qu’il pouvait se rendre en auto à Aix-la-Chapelle, accompagné du lieutenant Weber, ancien secrétaire du Kreischef devenu membre du Conseil des Soldats, pour y rejoindre le bourgmestre libéré. [Le 8 novembre 1918 des révolutionnaires s’emparent de la prison de Goslar et le 13 Adolphe Max s’évade muni d’un faux passeport écrit de sa main sur une feuille de papier officiel dérobé dans le bureau du commissaire de police]. M. Jacqmain, accompagné de M. Georges Max, frère du maïeur, avait quitté Bruxelles vers 4 h. (du matin), ayant le vague espoir de rentrer le même jour et emportant avec lui des vivres et des couvertures de voyage./  M. Max qui se trouvait libéré à Goslar, au pied du Harz, quitta la ville sans aucune autorisation, jeudi [à 16 :00]. Il prit place dans un train local archicomble qui lui permit de joindre la grande ligne ferrée vers Cologne, où il arriva à 3 h. du matin, après de nombreuses péripéties./ Entretemps M. l’échevin Jacqmain et M. Georges Max, arrivés à Aix-la-Chapelle, avaient téléphoné à de nombreuses stations jalonnant la ligne afin d’avertir le fuyard. A Hagen, enfin, on parvint à le joindre. Le chef de gare l’ayant découvert dans un compartiment, lui annonça qu’il était attendu à Aix-la-Chapelle. Après un arrêt d’une heure à Cologne, notre bourgmestre qui n’avait pas été inquiété au cours de sa randonnée s’embarqua pour Aix où il arriva à 9 heures du matin. Le cher prisonnier avait accompli son voyage dans des trains militaires encombrés, archi sales et empuantis de tabagie et il en sortit dans un état tel qu’on eut aisément pu le prendre pour quelque charbonnier en rupture de travail.

A la descente du train, le bourgmestre d’Aix-la-Chapelle vint saluer très respectueusement son collègue belge./ Se tournant alors vers son frère et vers M. Jacqmain, Monsieur Max leur donna l’accolade et, comme Bonivard le libérateur de Genève, sa première pensée fut pour la capitale.

Il interrogea : Et Bruxelles ? A quoi il lui fut répondu par les plus rassurantes nouvelles./ Ce fut alors le retour en auto, au long des routes inénarrablement encombrées de la retraite allemande. L’auto traversa Liège incognito et sans arrêt. A Tirlemont, l’officier allemand qui accompagnait les voyageurs s’étant rendu à la Kommandantur et ayant averti la population de la mission qui lui était confiée, une manifestation spontanée s’improvisa. Un échevin de la ville, remplaçant son bourgmestre malade vint saluer notre grand citoyen. M. Max, acclamé par une foule énorme, remercia cordialement. [ A Liège, Ad. Max rencontra Carl Einstein et les autres membres de l’ancien Conseil des Ouvriers et Soldats de Bruxelles] Puis l’auto démarra vers la capitale où le bourgmestre mit pied à terre en face de son domicile [rue Joseph II]. Il était 9 heures et demie du soir. L’arrivée devait se faire à l’improviste. Néanmoins des voisins, des passants et des curieux s’étaient rassemblés. M. Georges Max les remercia de leur manifestation de sympathie au nom de son frère très fatigué. La réception fut tout intime./ Après le repos de la nuit, repos du juste s’il en fut, le bourgmestre de Bruxelles, mandé immédiatement à Gand se rendit, en compagnie de M. Francqui, chez le Roi. Le retour eut lieu samedi dans la nuit. Le lendemain à 2 heures, eut lieu la réception officielle. » Le 17 novembre 1918, une réception fut organisée en la Salle Gothique, richement décorée d’un drapeau belge et des couleurs bruxelloises, en son honneur. Il fut accueilli par le Ministre plénipotentiaire des Pays-Bas, des officiers américains et britanniques, les échevins Lemonnier, Steens et des membres du Conseil communal qui louèrent son courage et son patriotisme. Ensuite il descend sur le perron de l’escalier des Lions et là il s’adresse à la foule massée sur la Grand-Place. L’émotion est grande, des cris patriotiques retentissent, les Bruxellois entonnent la Brabançonne et un orchestre joue l’hymne national italien A l’occasion du discours de remerciement du bourgmestre de la Ville de Bruxelles, l’échevin Lemonnier proclame officiellement la libération de la Ville de Bruxelles !! A 8 heures du matin, le 17 novembre 1918, les derniers soldats allemands quittent Bruxelles. Le même jour les troupes belges entrent à Bruxelles, Certains régiments retrouvent leurs casernes, d’autres sont logés à la Bourse. D’autres troupes alliées (britanniques, français, belges) étaient déjà entrées dans Bruxelles, depuis le 15 novembre 1918, mais au compte-goutte, Tous les signaux allemands furent enlevés ; les horloges publiques donnent à nouveau l’heure belge. Arrestation des collaborateurs, des inciviques, des activistes, des délateurs, des déserteurs. Les réfugiés doivent s’enregistrer à l’ULB rue des Sols, ensuite ils reçoivent de la nourriture et un laisser-passer et ils sont renvoyés chez eux. Les prisonniers de guerre alliés sont regroupés par pays et ensuite envoyer dans des camps près de Bruxelles. Les Bruxellois furent contrôlés par les autorités communales grâce à la carte d’identité allemande.

[7] SIEBEN L., Op. cit., p.172-173.

Pendant plusieurs jours des soldats allemands ont vendu des armes, des uniformes, des boutons, des casques tout neufs, des bottes de très bonne qualité, des objets en cuivre, des bicyclettes, etc. Certains voulaient écouler des biens volés, mais d'autres n'avaient plus d'argent et voulaient par tous les moyens avoir des marks pour pouvoir s'acheter de la nourriture et peut-être aussi pour un hypothétique ticket de train pour retourner au pays. Les soldats étaient abandonnés à eux mêmes. Il n'y avait plus d'autorité allemande à Bruxelles, le gouverneur-général était déjà parti et le Conseil des Soldats venait de quitter Bruxelles pour Liège le 15 novembre 1918. Les soldats allemands voulaient quitter Bruxelles et la Belgique au plus vite pour ne pas se faire prendre par les Alliés, qui les auraient envoyer dans des camps de prisonniers de guerre.

Beaucoup de Bruxellois avaient espéré qu'un Te Deum ou une messe serait dite en l'honneur du Roi, mais il fut décidé en haut lieu, que cette fête aurait lieu quand le Roi serait de retour dans sa capitale. Les Bruxellois royalistes étaient déçus mais compréhensifs.

Le même jour des officiers britanniques de la 5e armée du Ier C.A. sont reçus à l'Hôtel de Ville, par le bourgmestre ff. Lemonnier. Après les félicitations d'usage pour leur belle victoire, le bourgmestre a demandé aux Britanniques d'agir vite pour protéger la population bruxelloise des agissements des Allemands encore présents dans la Capitale.

Ce même jour, le bourgmestre ff. a fait part à ses collègues des autres communes bruxelloises de son arrêté de saisie contre les journaux La Belgique et Le Bruxellois, journaux censurés par l'ennemi et paraissant avec la bénédiction des Allemands. Les rédacteurs et les éditeurs allaient être poursuivis en 1919.