5/11/1914

L'indemnité de guerre à Bruxelles

(In: L'Echo de la Presse internationale, Bruxelles, 5/11/1914)

Après de longues discussions, l'indemnité de guerre imposée par l'autorité allemande à la ville de Bruxelles a été fixée à 45 millions de francs, dont 2 millions et demi doivent être payés par semaine. En y ajoutant les cinq millions de l'amende dont Bruxelles seule a été frappée pour sévice envers un allemand, cela fait la somme de 50 millions.

3/11/1914

Le danger de ramasser des obus

(In: L'Echo de la Presse internationale, Bruxelles, 3/11/1914)

Ces lignes sont spécialement dédiées aux collectionneurs combien nombreux de souvenirs trouvés sur le théâtre de la guerre.

On nous rapporte que des villageois de Campenhout ayant trouvé un obus dans les champs le conservaient chez eux comme une précieuse relique de la guerre.

Or, cet obus a fait explosion.

Par suite de quelles circonstances l'obus a-t-il éclaté? On l'ignore et on l'ignorera toujours, tous les témoins de ce drame étant tué. Les quatre personnes présentes furent déchiquetées et les débris des membres furent trouvés dans tous les coins de la chambre. Une jeune fille qui s'y trouvait dans une place contiguë en a été quitte pour quelques éraflures.

Que ce malheur serve de leçon. On se serait jamais assez se méfier de ces engins doublement dangereux pour ceux qui ne savent pas les manier.

10/10/1914

Pauvres arbres [De brusselse bomen - About the trees of Brussels during WW1]

(In: Le Quotidien, 10/10/1914)


Un sort bien triste menace les beaux arbres du bois de la Cambre, des boulevards et du parc.

Étant donnée, en effet, la rareté du charbon au seuil d'un hiver que les météorologistes nous annoncent comme devant être très rigoureux, il est probable que pour empêcher les Bruxellois de mourir de froid, on devra imiter la décision de prise en 1870-71 par les conseillers municipaux de Paris. Ceux-ci, le cœur saignant, durent donner l'ordre d'abattre une partie des arbres des Champs-Elysées et du Bois de Boulogne, afin de procurer du combustible à la population parisienne.

Peut-être n'en serons-nous pas réduits à cette extrémité. Bruxelles étant une ville ouverte, il nous reste une chance, malgré l'inondation des mines de la région de Charleroi et de Mons, d'être ravitaillés en charbon.

Mais, pour Dieu! Que nos conseillers communaux prennent rapidement des décisions pratiques.

7/10/1914

Mesure hygénique et philanthropique dans les écoles bruxelloises [Hygienische maatregelen voor de Brusselse scholen; Hygienic measures for the schools of Brussels during WW1]

(In: Le Quotidien, 7/10/1914)

Sur la proposition du président de l'Association des coiffeurs, il a été décidé que les patrons coiffeurs iraient à tour de rôle dans les écoles communales et «tondraient» gratuitement les enfants.

Au point de vue hygiénique, cette décision philanthropique des patrons coiffeurs a une importance très grande. Beaucoup de parents dont les ressources sont fort restreintes actuellement, ne pouvaient, en effet, envoyer leurs enfants se faire couper les cheveux; et beaucoup d'écoliers se sont présentés à la rentrée des classes avec le cuir chevelu présentant des signes manifestes de teigne et autres maladies parasitaires.

27/09/1914

Les Américains expédieraient 1.500.000 litres de lait aux Belges [De Americanen zonden 1.500.000 l. melk naar België sturen - The American would send 1.500.000 l. milk to Belgium]

(In: Le Quotidien, 27/9/1914)

Un de nos confrères de province annonce que les Américains du Nord désireux de venir en aide aux familles belges dont les chefs ont été frappés sur le champ de bataille, ont décidé de nous expédier 1.500.000 litres de lait.

Mais quel lait!

Il s'agirait du fameux lait inventé par un professeur de l'université de Kolezsvar, en Hongrie, et dont jusqu'à présent on niait l'existence.

Ce lait serait constitué par une matière albuminoïde végétale qui s'identifie à la caséine et qui, savamment dilué dans l'eau avec une huile végétale pulvérisée, donne un liquide "équivalent" au lait naturel.

A notre avis, le pseudo lait doit constituer un breuvage bien indigeste. Mais..., par le temps qui court...

23/09/1914

Une interdiction du souverain pontife [Een verbod van de nieuwe paus - An interdiction of the new pope]

(In: Le Quotidien, 23/09/1914)

tango-bisUn des premiers actes du Pape Benoît XV a été d'approuver par une note officielle que publie l'Osservatore Romano, l'interdiciton du tango dans les familles et les groupes catholiques. La note cite les termes dans lesquels la Semaine religieuse de Paris condamne ces "indécences" par la décision motivée de l'archevêque de Paris, et confirme sa défense d'exécuter des danses inconvenantes et de revêtir des costumes légers qui sont un outrage à la morale religieuse.

Monseigneur Mercier avait, on s'en souvient, quelques semaines avant la mort de Pie X, publié un mandement dans lequel il invitait les parents belges à interdire à leurs enfants le tango, que l'éminent qualifiait de danse impudique.

 

 

 

 

 

11/9/1914 (2)

La cuisine pratique

keym-44-003 (In: Le Quotidien, 11/9/1914)

Nous publierons chaque jour la recette d'un pat de cuisine "honnête", c'est-à-dire de vraie cuisine bourgeoise si différente de celle confectionnée dans beaucoup de restaurants. Nous donnons la préférence aux plats pouvant se préparer économiquement. Nous engageons les ménagères à collectionner ces recettes qui, à la fin de l'année, constitueront un véritable livre de cuisine pratique.

Nous commencerons aujourd'hui par un plat italien excellent et qui revient à peine à un franc pour trois personnes.

Le risotto à la milanaise

Prenez un oignon que vous coupez en tranches minces et que vous faites jaunir dans du beurre bien chaud; lorsqu'il a une belle nuance dorée, ajouter un litre de bouillon et faites cuire dans ce bouillon un quart de riz; il faut qu'étant cuit le potage soit plus épais que du potage ordinaire. Remuez souvent pour qu'il ne brûle pas et ajoutez un peu de safran.

Une fois le riz cuit (le grain doit conserver sa forme, c'est-à-dire ne pas être "trop" cuit), ajoutez y du beurre et du fromage de parmesan râpé. Retirez du feu lorsque le beurre est fondu, remuez bien et mettez un peu de muscade et une ou deux pincées de poivre blanc.

 

Sous-catégories