19/08/1914 (1)

Une lettre de Maurice Maeterlinck [Een brief van Maurice Maeterlinck - A letter from Maurice Maeterlinck]

(In: Le Soir, 19/08/1914)

Maeterlinck-VallottonLe grand écrivain offre ses services contre le « grand fléau du monde ».

M. Maurice Maeterlinck a adressé à notre confrère M. Gérard Harry, la lettre suivante:

Mon cher ami,

Je ne sais si ce mot vous parviendra. J’aurais voulu rentrer en Belgique pour me mettre à la disposition de l’autorité militaire. Malgré mes cinquante-deux ans, je ferais encore un garde civique présentable. Mais surpris par le décret de mobilisation, je suis bloqué ici et ignore quand je pourrai partir.

S’il m’est impossible de m’en aller, je tâcherai de me faire enrôler dans un corps de volontaires belges, car il faut, coûte que coûte, lutter contre l’ennemi du genre humain, le grand fléau du monde. Mais voudrait-on de moi ?

En attendant, j’aide les paysans à faire la moisson. Il ne reste plus que les femmes et les enfants.

L’élan héroïque de la France est la chose la plus admirable qu’on puisse voir.

De tout cœur à vous, mon vieil ami.

Maeterlinck.

Abbaye de Sainte-Wandrille, 5 août.