Traité de Bucarest 7 mai 1918

Le roi de Roumanie a choisi le camp de l'Entente, pouvant compter sur l'appui de la Russie et de la France. Après l'armistice russe en décembre 1917, il perd le soutien russe, mais garde l'appui militaire de la France. A cette époque, les 2/3 du royaume étaient déjà occupés par les Empires centraux depuis fin 1916. Ceux-ci en profitent pour faire pression sur le petit bout de Roumanie libre pour qu'elle change de camp et expulse les Français. L'Autriche-Hongrie fait les yeux doux au roi Ferdinand; il ne serait pas obliger d'abdiquer après la signature d'un traité de paix avec les Empires centraux, il n'a qu'à changé de premier ministre, le général Alexandre Averescu ferait l'affaire. Après l'armistice signé entre la Russie bolchevique et les Empire centraux, le roi de Roumanie a bien compris que son tour est venu de négocier avec l'ennemi. Les Allemands sont toujours intéressés par les puits de pétrole, au rendement faible et par les richesses agricoles du royaume de Roumanie. Les entreprises allemandes ont déjà racheté des sociétés roumaines ayant fait affaire avec les Alliés. Les chemins de fer roumains passerait sous contrôle exclusif du Reich pour le transfert de troupes et de matériel. Le port de Constantza resterait occupé par les Allemands. En fin de compte, la Roumanie devait devenir une succursale allemande. L'Autriche-Hongrie et la Bulgarie étaient moins intéressées par l'économie, mais plutôt par des territoires: la Bulgarie exige la Dobrogée et l'Autriche-Hongrie la Valachie. Se méfiant des Roumains, qui gardent des sympathies pour les Français, Guillaume II voulait transformer le royaume roumain en colonie allemande ou du moins mettre le royaume sous tutelle allemande. 

Le 27 février 1918, les Roumains ont le couteau sur la gorge, ils ont reçu un ultimatum des Empires centraux, ils sont obligés de négocier. Le 5 mars, le roi Ferdinand accepte de signer les préliminaires de paix de Buftea, qui adoucissent quelque peu certaines conditions : la Dobrogée ne passe pas entièrement aux Bulgares et l'annexion de territoires par les Autrichiens s'échelonnera dans le temps.  Au niveau économique, les revendications restent les mêmes. Les Roumains résistent et négocient ferme. Lors des négociations une cassure apparaît entre le Reich et ses alliés: le Kaiser voulait que la Roumanie soit mise sous tutelle allemande, mais sans trop l'affaiblir, les Austro-Hongrois par contre revendiquent des territoires, mais ils ne veulent pas lui imposer des conditions de paix trop dures. Des divergences apparaissent aussi entre Allemands et Bulgares.

Le traité de Bucarest fut conclu le 7 mai 1918 entre le Royaume de Roumanie et ses vainqueurs, après l’armistice du 9 décembre 1917. Toutes les revendications politiques et économiques formulées par le Reich et l'Autriche-Hongrie sont acceptées par le gouvernement du roi Ferdinand; seules les clauses politiques et territoriales sont avalisées par les négociateurs roumains le 26 mars. Les pertes territoriales sont largement compensées par l'union de la République démocratique moldave avec le royaume de Bucarest, entraînant un agrandissement de 44.422 km².  En fin de compte, la superficie du royaume a augmenté; chose rare pour un état militairement vaincu. L'aspect politique du traité n'était pas important pour les Allemands, ils s'intéressaient plus à la tutelle économique sur la Roumanie. Malgré tout, le clergé catholique roumain est soumis à la germanisation de ses effectifs. Le contrôle des moyens de communication, tant espéré par les Empires centraux, ne se fera que de façon limitée. Au niveau économique, les autorités d'occupation s'arrogent un droit de regard sur la politique monétaire roumaine. L'Autriche-Hongrie reçoit des produits agricoles, notamment du blé, quoiqu'en moindre quantité; ce qui lui permet tout de même de nourrir sa population au bord de la famine.

Chose étonnante, ce traité n’a jamais été ratifié par aucun des belligérants. De plus ce traité n’avait une validité que de six mois. Le 31 octobre 1918, la Roumanie dénonce le traité et reprend les hostilités contre les Austro-Allemands; la mission française (Berthelot) réapparaît; en fait une partie de ses membres n'avaient pas quitté le pays, mais s'étaient cachés en Moldavie.