Bataille pour le Mont Kemmel et Locre 25 - 29 avril 1918

Pour les Alliés et les Allemands la possession du Mont Kemmel était crucial pour défendre ou s'emparer d'Ypres et de la route vers les ports de la Manche.

Pour la nouvelle offensive, les Allemands avaient rassemblé 5 divisions fraîches, dont les chasseurs alpins bavarois, retirées d'Alsace et de la Lorraine, des batteries d'artillerie lourde et des escadrilles d'avions d'attaque au sol. Les Franco-Britanniques avaient 5 divisions et une unité de cavalerie. Avant le 25 avril 1918, les Français et les Allemands se battaient par petits groupes de choc. La veille de l'offensive allemande, les Français avaient, de nuit, capturé des soldats allemands qui les avaient prévenu de l'imminence de l'attaque. En riposte l'artillerie française a bombardé les positions allemandes.

A 2h30 du matin, le bombardement allemand commence, comme à Verdun, mais en pire. Des obus contenant des gaz toxiques tombent sur les positions de première ligne françaises et sur les batteries d'artillerie. Il en tombe une centaine par minute. A l'aube, l'aviation allemande attaque les positions françaises en rase motte, en tirant à la mitrailleuse et en lâchant des bombes.  Au petit matin, le Mont Kemmel est chauve et nu et couvert d'une brume épaisse. C'est le moment que choisit l'infanterie allemande pour passer à l'attaque. Elle utilise toujours la même tactique : la tenaille. Un groupe marche d'ouest en est par le village de Kemmel et l'autre passe par Locre en passant dans la vallée du Hellebeek. La progression allemande est ralentie au nord, sur le flanc gauche, à la jonction de l'armée britannique et de l'armée française. La 9e division britannique est repoussée vers l'étang de Dikkebus, soutenue par une auto-mitrailleuse.

Au centre, sur le Mont Kemmel, la situation est critique. Après trois vagues d'assaut et des combats acharnés, les Allemands s'emparent du Mont Kemmel. A droite, le front s'effondre à cause de l'intervention des chasseurs alpins bavarois, utilisant le relief accidenté et les anciens abris pour s'infiltrer sans être détectés. Les batteries d'artilleries franco-britanniques sont prises par surprise, elles résistent, mais elles sont obligées de se retirer. Les Britanniques détruisent 25 de leurs canons. Le village de Locre est prise.

Les Franco-Britanniques décident de bloquer l'avance allemande derrière le Mont Kemmel en direction d'Ypres, le long de la route de Bailleul à Ypres passant par le carrefour de La Clytte et l'étang de Dikkebus. Les Français veulent déloger les Allemands et les Allemands veulent progresser en direction de Poperinge. Les deux offensives se neutralisent: les Allemands ne progressent plus. Pendant les deux jours de calme relatif, les Alliés renforcent leur ligne défensive avant Ypres. Les Alliés ont appris que le Kaiser était venu inspecter le front au moment de l'offensive sur le Mont Kemmel. 6000 soldats alliés avaient été faits prisonniers, 53 canons et 200 mitrailleuses avaient été capturés.

Dernière étape avant la victoire allemande : s'emparer de la butte du Scherpenberg, prendre à revers la file des Monts  de Flandre, tourner par le nord, marcher sur Poperinge, bousculer tout ce qui se trouve au nord d'Ypres et rejoindre la côte de la Manche. Le 29 avril 1918, à 7 h00 du matin, les Allemands lancent une nouvelle offensive sur un front de 14 km le long de la route d'Ypres à Bailleul. Ils ne parviennent pas à prendre les flancs du front allié (le Mont Vidaigne et le pic du Scherpenberg). Le centre semblait moins combattif, mais le village de Locre a été repris par les Français, de haute lutte. Les Allemands semblaient épuisés à ce moment-là. Foch envoie en 4 jours 5 nouvelles divisions en renfort, qui rétablissent la situation et neutralisent les dernières poches de résistance allemandes. Le 5 mai 1918, la bataille des Flandres est terminée. Les Allemands n'ont pas pu percer les lignes alliées et remporter une victoire décisive.