L'armée belge est à son tour attaquée par les Allemands avril 1918

Se préparant à repousser une offensive allemande, l'armée belge a mis en place une logistique à l'arrière du front : construction de routes, de cantonnements, d'hôpitaux de campagne, d'abris, etc. Elle a même inondé des secteurs difficiles à défendre comme Reigersvliet et Oud-Stuyvekenskerke.

L'armée belge se trouvant entre la mer du Nord et Ypres, était la cible de l'offensive allemande ayant pour objectif de s'emparer des ports de la Manche, et plus précisément de Dunkerque, et de prendre les troupes alliées à revers. Au début de l'offensive, le couple royal avait pensé quitter La Panne pour Hardelot, petite ville balnéaire dans le nord de la France; les bagages étaient déjà prêt. Finalement le Roi Albert Ier est resté à son poste. Le 10 avril il nomme le général Cyriaque C.V. Gillain, chef d'Etat-Major général, car il s'adapte mieux aux visions stratégiques du Roi que le général L. Ruquoy. Le gouvernement belge au Havre a vivement protesté, mais en vain, le Roi avait pris sa décision.

Au moment où le front britannique menaçait de s'effondrer par manque de renforts, le généralissime Foch a demandé au Roi Albert Ier l'appui de quelques divisions belges, ce dernier a bien fait comprendre que d'après la Constitution belge, le Roi, seul, était habilité à diriger l'armée belge en campagne. Finalement, le front de l'armée belge fut étendue à partir du 14 avril vers le sud jusqu'à Ypres. Ceci libéra quelques unités britanniques.

Le 17 avril 1918, les Allemands attaquent par le nord-est (vers Poperinge) et par le sud, afin de prendre Ypres en tenaille, mais la pince de droite bute sur une forte résistance de l'armée belge à Merckem et à l'ouest de Langemark. Six bataillons belges des 3ème et 4ème divisions d'infanterie font face à quinze bataillons allemands. La 4ème division reste maître du terrain, tandis que la 3ème perd du terrain au sud de Kippe, mais récupère le terrain perdu après une charge à la baïonette, Par la même occasion elle fait 800 prisonniers. Ce fut une éclatante victoire pour l'armée belge.

Le Roi avait besoin de l'appui militaire de la Grande-Bretagne et pour ce faire il a envoyé la Reine en Grande-Bretagne plaider sa cause auprès de Lord Curzon. Finalement voyant l'importance stratégique de la Manche et de la Côte belge, les Britanniques ont activement soutenu l'armée belge. Par le retrait de l'armée britannique sur son aile droite, l'armée belge s'est vue obliger d'étendre son front.

Etant certain de l'appui précieux de l'armée française, l'armée belge a réorganisé sa ligne de défense derrière le canal Furnes-Lo-Fintele et le cour supérieur de l'Yser. Au nord, les soldats belges étaient bien protégés derrière les canaux de Nieuport-Furnes-Dunkerque et Furnes-Bergues et les terres inondables autour de Dunkerque (si nécessaire). Grâce à cette nouvelle ligne de défense, l'armée belge gardait le contact avec l'armée française dans le sud.