Quatrième hiver de guerre. Le 9 janvier 1918, les Bruxellois se sont réveillés sous la neige. Dans l'ensemble, il a fait froid pendant l'hiver 1917-1918. Comme l'année précédente les écoles ont dû fermer par manque de charbon.

Lors de son discours devant le Congrès américain, le 8 janvier 1918, le président des États-Unis, W. Wilson, expose son programme pour une paix durable en Europe et dans le monde. Ce programme se résume en 14 points dont les plus importants sont la liberté de navigation sur toutes les mers du globe; le retrait des barrières économiques; le désarmement; l'évacuation de tous les territoires annexés par l'Allemagne, tels que la Belgique et l'Alsace-Lorraine, le droit à l'autodétermination reconnu à tous les peuples de la terre (même aux Allemands) et la création d'une Société des Nations qui doit garantir l'indépendance politique et l'intégrité territoriale de toutes les nations, grandes ou petites. 

Le président des États-Unis est foncièrement pacifiste et idéaliste. Il croit fermement que tous les peuples libres peuvent vivre en paix et en bonne entente entre eux.

Malheureusement, il a rédigé ses 14 points sans consulté ses alliés occidentaux, dont la plupart étaient encore des puissances coloniales. Pour elles, il n'était pas question d'accorder le droit à l'autodétermination aux peuples colonisés.

Certains de ses points seront repris dans le Traité de Paix de Versailles et seront à la base de la Société des Nations.

Finalement le Séant américain n'a jamais ratifié le Traité de Versailles et les États-Unis n'ont jamais adhéré à la SDN. Le droit à l'autodétermination a été refusé aux vaincus et également aux peuples colonisés, qui avaient pourtant fondé de grands espoirs sur le droit à plus d'autonomie vis-à-vis de la métropole. Cette inégalité sera à la base d'un nouveau conflit mondial qui embrasera le monde entier quelques 20 ans plus tard.

Exposition au Grand Central Palace à New-York du 24 novembre au 12 décembre 1917. Le but était de montrer aux citoyens américains comment les Allemands menaient la guerre sur le front de l'ouest. La plus belle pièce de l'exposition fut sans conteste le tank Mark IV ("Female") britannique qui s'attaque à une reproduction grandeur nature d'une partie de la ligne Hindenburg. Plus de 250.000 américains ont visité l'exposition, ce qui a rapporté 571.438 US$. Ces bénéfices ont été répartis entre les différentes oeuvres de charité.

Les Bruxellois se sont également plaint de l'automne - hiver 1917-18, car il est aussi froid que celui de 1916-17. Ceux qui manquaient de charbon pour se chauffer et pour préparer la cuisine, pouvaient se rendre à la Banque Nationale transformée en chauffoire, où l'on distribuait 1000 bols de soupe chaude par jour.

A cause des nombreuses réquisitions de charbon par les autorités occupantes allemandes, la population bruxelloise a du mal à trouver du charbon pour se réchauffer et pour se nourrir. Quand une distribution de charbon est annoncée à Bruxelles, comme ce fut le cas en novembre 1917, une longue file se forme près de l'entrepôt où se fait la distribution. Des gens viennent avec des chariots, des brouettes et des sacs. Malheureusement il n'y en aura pas pour tout le monde.

Depuis mars 1917, face à la progression des Alliés, l'armée allemande expulse les habitants (femmes, enfants et personnes âgées) des campagnes flamandes et picardes vers le centre de la Belgique, y compris Bruxelles et garde les hommes entre 18 et 45 ans, afin de construire de nouvelles lignes de défense. Ces réfugiés sont logés tant bien que mal dans les environs de la capitale et au centre de Bruxelles. C'est ainsi que des réfugiés de Messines, de Menin et du Nord de la France se sont retrouvés chez les Petites Soeurs des Pauvres, rue Haute. D'autres ont trouvé refuge rue de Jéricho. Les nombreux enfants sont pris en charge par des femmes bénévoles qui les conduisent à l'école. Un des grands problèmes est le ravitaillement de ces personnes, c'est un vrai casse-tête pour les services du Comité nationale de Secours et d'Alimentation. Des oeuvres charitables distribuent des vêtements et de la nourriture.

Dans sa lettre au président de la British Zionist federation, Lord Rothschild, le ministre britannique des Affaires étrangères, Arthur Balfour, soutient la constitution d'un état juif en Palestine. En outre, il déclare dans sa lettre (Balfour Declaration) qu'il faut protéger les droits civils et religieux des communautés non-juives vivant actuellement en Palestine.