Ce pèlerin, aventurier, mystique, voleur et guérisseur russe d’origine sibérienne allait jouer un rôle important dans la chute de la famille impériale russe. Avant la révolution de 1905, il est parti à Saint-Pétersbourg pour y rencontrer le Tsar afin de le remettre sur le droit chemin, considérant qu’il s’était trop occidentalisé, trop éloigné de l’âme russe. Mais il ne le verra pas à ce moment-là. Inquiète de ne pas avoir de descendance mâle, la Tsarine s’était entourée de mystiques et de guérisseurs. Un de ces mystiques avait prédit la naissance du prince Alexis  et en plus il connaissait Raspoutine. Celui-ci est présenté à la famille impériale par la grande-duchesse Militza. Par ses connaissances médicinales et ses prières, il arrive à atténuer les crises d’hémophilie (hémorragie) du tsarévitch. Subjugué par Raspoutine, le couple impériale l’invite à des réceptions mondaines et le présente à la noblesse et à la haute société de St-Pétersbourg. Il se fait des amis, mais également beaucoup d’ennemis parmi la Cour et le peuple, qui le craint et l’accuse de tous les maux. Il profite de son aura pour influencer la politique intérieure russe ; en s’opposant notamment à la modernisation de la société russe.

Pacifiste dans l’âme, il s’oppose à l’entrée en guerre de la Russie contre les Empires centraux. Lors des premiers mois de la guerre, l’étoile de Raspoutine pâlit, mais la situation militaire devenant indécise, l’approvisionnement devenant difficile, les armes venant à manquer, poussent le Tsar à diriger l’armée sur le front et à laisser la régence à la tsarine et à son conseiller Raspoutine. Après les nombreux désastres militaires de 1916, Raspoutine est montré du doigt et est accusé ouvertement de faire le jeu des Allemands.

La famille Romanov choquée par la réputation scandaleuse et la vie dépravée de Raspoutine tente de l’éliminer. Dans la nuit du 16 (29) au 17 (30) décembre 1916, attiré dans un piège par le prince Félix Ioussoupov, les conjurés (prince de la famille impériale, hommes politiques, hauts gradés de l’armée) assassinent l’âme damnée de l’impératrice.

Dans cette note, Woodrow Wilson demande aux belligérants de préciser leurs buts de guerre et se présente comme l’intermédiaire entre les puissances en guerre. L’Allemagne refuse catégoriquement que les Etats-Unis servent d’intermédiaire et ne répond pas à la note du président américain. L’Allemagne cherche toujours à préserver ses acquis territoriaux. Les Alliés, dont la Belgique, s’exécutent, mais le président US considère que les conditions de paix des Alliés sont exagérées (e.a. restitution de l’Alsace et de la Lorraine à la France). Dès lors, le président se consacre à la création d’une ligue internationale après la guerre (SDN) et plaide pour une paix sans victoire, voir une paix blanche.

La situation alimentaire en Allemagne devient préoccupante et le manque de main d’œuvre masculine devient alarmante. La bataille de Verdun devient un désastre pour les Allemands. Dans un premier temps le chancelier Bethmann-Hollweg envoie l’ambassadeur von Bernstorff aux Etats-Unis pour sonder le gouvernement américain sur ses intentions pour organiser une conférence de la paix. Vue l’indécision de la Maison Blanche et après l’occupation de Bucarest, le chancelier transmet aux Alliés sa proposition de paix, la dernière chance d’obtenir une paix équitable selon lui. Soutenu par l’empereur Guillaume II, les Empires centraux veulent entamer des négociations de paix en se basant sur la proposition de Bethmann-Hollweg. Sa proposition est inacceptable pour les Alliés ; il n’est pas question pour ces derniers que le front soit gelé en faveur des Allemands et qu’aucun territoire occupé par les Empires centraux ne soit évacué (la Belgique doit être libre, l’Alsace-Lorraine doivent être rendues à la France, etc°). Le 30 décembre 1916, l’Entente rejette catégoriquement la proposition de paix allemande, jugée arrogante et hautaine.

Après le rejet par les Alliés de la proposition de paix allemande, la propagande allemande rejette la responsabilité de la poursuite de la guerre et son durcissement (p. ex. guerre sous-marine à outrance) sur le dos des Alliés.

Dans un premier temps, le roi Albert Ier voulait que la Belgique libre réponde elle-même à la proposition de paix de l’Allemagne. Mais sous pressions britannique et française, la réponse diplomatique belge fut rédigée dans le même sens que la note des Alliés.

Après 68 ans de règne, l'empereur d'Autriche François-Joseph (° 1830 - 1916), veuf de l'impératrice Elisabeth ("Sissi"), s'est éteint au château de Schönbrunn le 21 novembre 1916.

Son règne n'a jamais été un long fleuve tranquille. En 1848, il y eut la révolution et l'instauration d'un régime néo-absolu. Après la défaite autrichienne dans la guerre austro-prussienne en 1866, l'empereur dût accepter des réformes, comme par exemple l'égalité entre le royaume de Hongrie et l'empire d'Autriche. Par sa politique rigide, il se fit des ennemis parmi la population slave. En 1873, il s'allie à l'empereur d'Allemagne et au Tsar. Mais face aux visées expansioniste du Tsar de Russie dans les Balkans, il signe la duplice avec l'Allemagne. Finalement, il s'empare de la Bosnie-Herzégovine en 1908. 

Pour les Slaves la coupe est pleine et un nationaliste serbe assassine le neveu de François-Joseph, l'archiduc François-Ferdinand à Sarajevo, le 28 juin 1914. Par les alliances entre puissances, la Grande Guerre éclate. Après un an, l'empereur est las du conflit, il voudrait arrêter, mais son grand allié, l'empereur Guillaume II n'y tient pas du tout. C'est dans ce contexte de tensions et de conflit qu'il meurt subitement le 21 novembre 1916.

L'empire des Habsbourg n'allait pas lui survivre longtemps (novembre 1918).

Subissant des pertes sévères à Verdun et dans la Somme, l'Armée impériale allemande a fait pression sur le gouvernement civil de Berlin pour qu'il incorpore les jeunes hommes de 16 ans et les quinquagénaires dans l'armée. Les places laissées vides dans l'industrie de l'armement allemande, dans la sidérurgie, dans les mines et dans l'agriculture devaient être remplies par des chômeurs (les "paresseux") et des ouvriers venus de Belgique. Selon les Militaristes allemands, la Belgique avait été trop longtemps épargné, elle allait apprendre ce qu'était la guerre. D'abord les marchandises sont pillés dans les entrepôts en septembre 1916 et ensuite le 26 octobre 1916, les ouvriers et chômeurs de Quiévrain sont embarqués par l'armée allemande direction l'Allemagne. Beaucoup d'autres Belges allaient suivre jusqu'en mars 1917. A cette époque il n'était pas bon être un homme en âge de porter les armes (entre 16 et 55 ans) et ressembler à un ouvrier ou à un chômeur, on risquait de se faire "ramasser" en rue par des soldats allemands! Les hommes habitant dans la zone du gouverneur-général (p.ex. le Limbourg, le Brabant) sont envoyés en Allemagne, ceux qui habitent dans les zones d'étappe (les deux Flandres, et les villes le long de la frontière française) sont envoyés dans le nord de la France, près du front. Ils devaient travailler comme des esclaves : maltraitance et malnutrition. Beaucoup de ces déportés ne sont jamais revenus.

Cette politique d'esclavage moderne a suscité une telle vague de protestations de la part du Cardinal Mercier, des puissances alliées et des pays neutres, que les déportations vers l'Allemagne cessèrent en mars 1917. Mais l'utilisation sur le front d'ouvriers réquisitionnés perdura jusqu'à la fin de la guerre.

À partir de fin 1916, l'occupation allemande était entrée dans sa période la plus sombre et la plus répressive.

 Un article sur la déportation des ouvriers belges en Allemagne : http://deredactie.be/cm/vrtnieuws/14-18/1.2137936

 

 

Dans le village d'Esnes, c'est le jour de la vaccination de la population civile. Afin d'éviter des épidémies, il faut vacciner les soldats et les civils qui habitent non loin du front. (novembre 1916) Photo prise par le médecin auxiliaire Harlandt.

Laboratoire bactériologique et chimique rattaché à un hôpital de campagne allemand. La recherche de moyens pour lutter contre les bactéries continue aussi en temps de guerre. (1916) Photo prise par l'Inspecteur des hôpitaux de campagne Barthel.