Au début de l'offensive Kerenski, le gouvernement provisoire ordonne au 1er Régiment de Mitrailleurs d'envoyer la moitié de ses hommes au front. Par cet ordre le gouvernement russe rompt sa promesse qu'il n'enverrait pas les troupes ayant participé à la révolution de février à la guerre. Le régiment se mutine et avec l'aide d'autres régiments casernés à Petrograd et à des ouvriers de Kronstadt, se révolte contre le gouvernement. Les leaders bolcheviques, dont Lénine, estiment qu'il est trop tôt pour déclencher une révolution bolchevique en vue de renverser le gouvernement en place. Les Bolcheviques n'étaient pas encore assez nombreux en Russie. A cause de leur inaction, ils se font dépasser par la base et une confrontation avec les troupes loyalistes éclate dans les rues de la capitale.

En représaille, Kerenski fait arrêter les meneurs bolcheviques présents à Petrograd (e.a. Trotsky, Kamenec, Zinoviev). Entretemps Lénine avait fui en Finlande pour y continuer la lutte dans la clandestinité.

Après l'échec cuisant de l'offensive Nivelle au Chemin des Dames en avril 1917 et l'ordre du haut commandement français de relancer l'offensive contre le même objectif en mai 1917, de nombreux soldats français montant au front ont décidé de se mettre en grève. Elle devait duré de mai à juillet 1917 et elle toucha 68 68 divisions sur 110. Suite à l'accumulation d'offensives meurtrières comme à Verdun et sur la Somme, les soldats étaient démoralisés; de plus, ils manquaient de permissions et de contact avec la famille; ils souffraient des problèmes d'intendance et du manque de considération de la part de la hiérarchie militaire. Par les brassage d'unité au front et l'envoi de journaux,  les Poilus étaient au courant de ce qui se passait à l'arrière et ailleurs en Europe. Ils avaient l'impression d'être abandonnés par les civils de l'arrière. Les soldats voulaient se faire entendre par les officiers supérieurs et firent donc grève afin que leurs doléances soient entendues.

Après le limogeage du général Nivelle le 15 mai 1917, le nouveau commandant en chef Philippe Pétain, reprit les choses en main. D'abord, il fit fusillé certains meneurs et ensuite il se mit à l'écoute des doléances des hommes de troupe. Une de ses premières décisions fut d'assouplir le régime des permissions, d'améliorer l'intendance et de stopper les grandes offensives meurtrières. Il y eut très peu de cas d'actes de violence contre les officiers. Les soldats en première ligne n'ont pas baissé les armes pendant cette période de troubles. L'armée française a bien résisté face aux attaques allemandes. Les Allemands, qui étaient au courant de ce qui se passait chez l'adversaire, n'en ont profité pour lancer une offensive décisive qui aurait nettoyé le front tenu par les Français. Les Allemands étaient également "démoralisés" par leurs lourdes pertes.

On est très loin des mutineries d'origine politique dans l'armée impériale russe, où des officiers furent sauvagement assassinés par leurs hommes et où des soldats fraternisaient avec les Allemands.

Lorsque la révolution de février éclate en Russie, Lénine (Vladimir Ilitch Oulianov dit Lénine, né à Simbirsk, le 22 avril 1870 et décédé à Vichnie Gorki, le 21 janvier 1924), se trouve en Suisse et est surpris par la nouvelle. Comprenant que les Bolcheviks ne devaient pas se faire distancier par les autres mouvements révolutionnaires de gauche, il veut rentrer au pays au plus vite.  Il envoie au journal bolchevik Pravda des articles prônant le renversement du Gouvernement provisoire, mais la rédaction n'en publie qu'un seul.

En mars 1917, Lénine prend contact avec les Britanniques, mais ceux-ci ne voient pas d'un bon oeil que la Russie abandonne la cause des Alliés et refusent de l'aider. L'aide vient de l'ennemi. Les Allemands ont tout intérêt à ce que l'agitateur retourne au pays et fasse sa révolution, ainsi les empires centraux auront un adversaire en moins et pourront attaquer en force à l'ouest.

Le 27 mars 1917, Lénine et une trentaine de révolutionnaires bolcheviks et d'autres révolutionnaires russes quittent Zurich en train en direction de la Russie. Un autre train suit transportant d'autres révolutionnaires russes exilés en Suisse. Les Communistes russes ont toujours prétendu que Lénine voyageait dans un "wagon plombé", mais en réalité, il voyageait dans un wagon normal. Les Allemands lui avaient interdit de rencontrer ou de parler à quiconque lors des arrêts du train. C'est lors de son trajet en train qu'il rédige ses fameuses "Thèses d'avril", prônant le passage direct à la révolution socialiste mondiale.

Le 3 avril 1917 il arrive à la gare de Finlande de Petrograd où il est accueilli par une foule enthousiaste. Le lendemain, il se rend au Palais de Tauride, où siègent le Gouvernement provisoire et le soviet de Petrograd, et prononce un discours enflammé contre la révolution bourgeoise, en faveur du contrôle des soviets par les Bolcheviks et la transformation de la révolution en guerre civile, dans l'optique d'une révolution mondiale. En claire, il veut que les Bolcheviks (Communistes) prennent le pouvoir en Russie. Au début, personne ne le suit, tout le monde le traite de fou, même dans son camp. Finalement, petit à petit il va organiser sa révolution bolchevik et renverser le Gouvernement provisoire et instaurer une dictature "prolétarienne".

Le « bataillon de la mort » a été crée en 1917, après l’abdication du tsar, par Maria Bochkareva, une femme russe qui avait rejoint l’armée dès 1914. Ce bataillon était constitué de femmes volontaires, désireuses de faire preuve de courage aux côtés des hommes. Elles étaient incorporées comme les hommes, avec le même uniforme militaire et la coupe de cheveux si caractéristique : toutes n’étaient pas tondues à ras puisque certaines gardaient juste un petit toupet en haut du crâne.

Après un mois d’entraînement intensif, cette unité constituée principalement de filles issues de la bourgeoisie, fut envoyée au front russe. Le bataillon a participé à une grande bataille, près de la ville de Smorgon et subit de lourdes pertes : elles étaient au départ 2 000, mais après trois mois de combat en première ligne, leur nombre est tombé à 250 !

Pendant la Révolution d'octobre 1917, environ 140 d’entre elles, avec quelques Cossacks et cadets, tentent de défendre le palais d’hiver et les restes du gouvernement temporaire. Elles ont refusé de se rendre alors même que les hommes autour d’elles délaissaient les barricades. Ce refus de se rendre était sans doute motivé par la volonté d’éviter le pire. En effet, une fois dans la mains des Bolcheviks, beaucoup de ces femmes ont été physiquement maltraités et quelques unes violées. Elles ont regagné leurs casernes les jours suivants, mais leur bataillon, considéré par Lénine comme « contre-révolutionnaire », a très vite été congédié.

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Après l'abdication du tsar, le prince Gueorgui Lvov (° Dresde 2 novembre 1861 - + Paris 7 mars 1925) membre du Parti constitutionnel démocratique, devient président du conseil des ministres le 15 mars 1917 et à partir du 23 mars ministre-président du gouvernement provisoire de Russie. Etant incapable de rassembler suffisamment d'appui pour sa politique, il démissionne en juillet 1917 et est remplacé par le seul ministre socialiste de son gouvernement, Alexandre Kerenski, ministre de la Défense. 

Pendant que se déroulent les combats de rue à Petrograd, dans l'après-midi du 12 mars 1917, une cinquantaine de militants de tendances révolutionnaires de gauche organisent un Comité exécutif provisoire des députés ouvriers. Il crée le journal Izvestia et appelle les ouvriers et les soldats de la garnison de Petrograd à élire leurs représentants. C'est ainsi qu'est né le Soviet de Petrograd, composé de 600 membres et dirigé par un comité exécutif présidé par le révolutionnaire géorgien Nicolas Tchkhéidze.

Dans le camp des députés de l'ancienne Douma, on ne chôme pas non plus. Les anciens députés forment un gouvernement provisoire ayant pour but de rétablir l'ordre et de ramener les soldats dans leurs casernes. Après d'âpres négociations entre le Soviet de Petrograd et le gouvernement provisoire, un compromis est trouvé le 14 mars 1917. En attendant la convocation d'une Assemblée constituante, le Soviet reconnaît la légitimité d'un gouvernement provisoire à tendance libérale, composé de représentants du Parti constitutionnel démocratique. Les révolutionnaires de gauche exigent du nouveau gouvernement qu'il applique un vaste programme de réformes politiques, fondé sur l'octroi des libertés fondamentales, le suffrage universel, l'abolition de toute forme de discrimination, la reconnaissance des droits du soldat-citoyen et une amnistie immédiate pour tous les prisonniers politiques. Le Soviet de Petrograd rédige l'ordre Loi n° 1 qui protège les soldats révolutionnaires contre toute poursuite.

A partir du 15 mars 1917, deux idéologies se font face : les démocrates libéraux veulent moderniser la société russe, en s'inspirant du modèle capitaliste occidental et en instaurant la démocratie parlementaire. Les démocrates de gauche ont une toute autre vision de la politique. Ils envisagent une représentation directe du peuple, une démoctratie populaire.

Suite à l'abdication du tsar et à la disparition du régime tsariste, les premières élections au Soviet des ouvriers de Petrograd ont lieu. Entretemps, le gouvernement provisoire prépare les élections de la Constituante.

 

La révolution russe de février 1917 a une origine militaire, politique et climatique. La guerre contre la Triplice est mal vécue par la population, la gestion de l'armée est défaillante, l'armée russe manque de tout. Les défaites successives de l'armée ne rassurent pas les Russes. De plus, le régime tsariste est honni par la majorité de la population. Pour couronner le tout, l'hiver 1916-1917 est également dure et rude en Russie; les approvisionnements n'arrivent plus dans les villes à cause notamment des locomotives gelées.

La grogne se fait entendre le 3 mars 1917, lorsque les ouvriers de la grande usine Putilov de Petrograd se mettent en grève. Les premiers incidents éclatent le 5 mars suite à des rumeurs de rationnement du pain. Le lendemain, l'usine est  fermée faute de pièces de rechange. Les ouvriers sont mis en chômage technique. Pendant ce temps le tsar quitte la ville. Le 8 mars 1917 des cortèges de femmes manifestent dans les rues de la ville, réclamant du pain. Elles sont rejointes par des ouvriers grêvistes exigeant la fin de la guerre et l'instauration de la république. Le 9 mars, 150.000 ouvriers grêvistes marchent vers le centre-ville. Les Cosaques laissés à eux-mêmes sont débordés.

Le 10 mars des meetings sont organisés un peu partout dans la ville. La grêve est générale, des manifestants radicaux exigent la fin de la guerre et du tsarisme. Les dirigeants révolutionnaires restent prudents et ne prennent pas le leadership des manifestants. Nicolas II réagit en autocrate, il proclame l'état de siège et donne l'ordre à l'armée de mettre fin aux désordres dans les 24 heures. Le lendemain 11 mars, la police et l'armée ouvrent le feu sur les manifestants; plus de 150 d'entre eux sont tués. La Douma, le parlement russe, est dissoud.

Les choses s'accélèrent. Le 12 mars, des soldats se rebellent et rejoignent le camp des révolutionnaires. L'arsenal est pris d'assaut et dévalisé. Mis sous pression par l'état-major de l'armée, le tsar abdique pour le bien du pays en faveur de son frère, le grand-duc Mikhaïl Alexandrovitch Romanov. Devant la protestation populaire, ce dernier renonce à monter sur le trône. Le régime tsariste est tombé comme un fruit mûr.