Abdication du Kaiser et la proclamation de la République à Berlin, 9 novembre 1918

Le 7 novembre 1918, le Conseil des Ouvriers, Soldats et Paysans de Munich exige l’abdication du roi de Bavière et la fin de la dynastie régnante. Les Wittelsbach quittent Munich et le lendemain le roi Louis III abdique. La Bavière s’autoproclame république populaire et Kurt Eisner devient le président de la nouvelle république. Les autres maisons princières suivirent le même mouvement. Jusqu’à présent il y eut très peu de victimes, il était rare que des voix s’élèvent pour défendre l’ancien régime.

Dans la capitale de la Prusse, Berlin, le MSPD, qui a de plus en plus d’influence sur le cabinet ministériel, exige avec plus en plus de véhémence l’abdication immédiate du Kaiser et le départ des Hohenzollern. Au même moment, l’aile gauche de l’USPD, les Spartakistes, fourbissent leurs armes en préparation de la révolution ; 2.000 à 3.000 membres attendent le feu vert. Le 9 novembre les Spartakistes et le MSPD appellent à la grève générale dans les grandes entreprises. Des Conseils d’ouvriers et de soldats sont organisés, la préfecture de police et d’autres bâtiments stratégiques sont occupés. Les rues sont occupées par des manifestants. Le MSPD craignant de perdre son influence sur le mouvement révolutionnaire, déclare se retirer du gouvernement. Le Chancelier du Reich, Max de Bade, envoie plusieurs télégrammes au Kaiser à Spa pour qu’il se décide à nommer un régent ou désigne Ebert chancelier. A 11h30, il annonce l’abdication du Kaiser (et que le Kronprinz renonce à succéder à son père) et, avant de démissionner, il remet le pouvoir à Friedrich Ebert. Le chaos règne à Berlin, les événements se succèdent et s’entrechoquent. Au Reichstag, Philippe Scheidemann est invité à s’adresser à la foule d’une fenêtre pour annoncer la fin de la monarchie et du militarisme ; mais de sa propre initiative, il proclame la république allemande. Il se fait tirer les oreilles par le chancelier Ebert. Deux heures plus tard, le leader spartakiste, Karl Liebknecht, proclame, à l’Hôtel de Ville de Berlin, la république socialiste libre d’Allemagne et la fin du Capitalisme. Le chancelier Ebert ne désire pas se joindre à l’extrême gauche, il les condamne car avec leur révolution universelle et tout pouvoir au prolétariat, ils minent le nouvel Etat de droit et démocratique. Dans la soirée du 9 novembre 1918, le GQG et le nouveau chancelier se sont mis d’accord de collaborer ensemble dans la lutte contre le Bolchevisme.

Le matin du 10 novembre 1918, Guillaume II remet le commandement des forces armées impériales au maréchal Hindenburg et quitte Spa pour s’exiler aux Pays-Bas, au château d’Amerongen. Le général Ludendorff s’enfuit en Suède.