Bombardement de Paris par la "Grosse Bertha" 23 mars 1918

Les Pariser Kanonen (canons de Paris) sont sept pièces d’artillerie (dont le tube principal était composé de 3 tubes de calibre 380 mm juxtaposés) à très longue portée utilisées par les Allemands du 23 mars au 9 août 1918 pour bombarder Paris. Connues sous le nom de « Grosse Bertha » par les Français (mais ce nom désigne un autre canon chez les Allemands), elles tiraient à plus de 120 km de distance et l'obus dépassait l'altitude de 40.000 m à l'apogée de sa trajectoire. 

L'emplacement des canons a été préparé depuis fin 1917 au pied du mont de Joie, une colline située au centre du département de l'Aisne. Le site se trouve à 40 m. de hauteur et est boisé, cachant les canons aux yeux des observateurs. Il y a eu au maximum 3 canons sur le site.

La première campagne de tir a débuté le 23 mars et s'est terminé le 3 mai 1918. Le premier jour, les tirs se succèdent de 7h40 à 14h00 et vu le temps nuageux, les pièces d'artillerie n'ont pas pu être repérés du ciel. Pour camoufler l'emplacement et le bruit du canon géant, d'autres canons de moindre calibre ont tiré sans arrêt. Des avions ont survolé le site pour le protéger contre de possibles intrus. Les Sections de repérage par le son (SRS) françaises n'ont pas pu déterminer l'emplacement exact du canon, mais le lendemain, les Français ont pu riposter en tirant sur les positions allemandes, mais sans jamais toucher le canon en question. Le résultat du bombardement était très vite connu des Allemands grâce à un espion à Paris qui fit son rapport par téléphone.

Le premier jour, il y eut 15 morts et 29 blessés.

Le bombardement s'arrêta le 3 mai, lorsque le canon fut détruit par l'explosion prématurée d'un obus. Le deuxième canon était opérationnel le 27 mai au moment de la deuxième bataille de la Marne. Il tira jusqu'au 11 juin 1918. Les tirs cessèrent entre le 11 juin et le 6 juillet, peut-être pour déplacer un pariser Kanone de Crépy  à Bruyères-sur-Fère, dans un bois du lieu-dit Val-Chrétien.

La dernière campagne de tir débute le 16 juillet 1918, mais elle est très vite interrompue par l'offensive alliée.

Un canon situé à Beaumont-en-Beine, tire jusqu'au 9 août 1918.

L'effet de terreur ne fut pas atteint, les Parisiens s'habituèrent très vite aux bombardements espacés. En même temps Paris fut encore bombardé de nuit par des bombardiers Gotha.

En un peu plus de 4 mois, les canons ont tiré 367 obus sur Paris et la périphérie, causant la mort de 256 personnes et en blessant 620.