Double pouvoir en Russie 1917

Pendant que se déroulent les combats de rue à Petrograd, dans l'après-midi du 12 mars 1917, une cinquantaine de militants de tendances révolutionnaires de gauche organisent un Comité exécutif provisoire des députés ouvriers. Il crée le journal Izvestia et appelle les ouvriers et les soldats de la garnison de Petrograd à élire leurs représentants. C'est ainsi qu'est né le Soviet de Petrograd, composé de 600 membres et dirigé par un comité exécutif présidé par le révolutionnaire géorgien Nicolas Tchkhéidze.

Dans le camp des députés de l'ancienne Douma, on ne chôme pas non plus. Les anciens députés forment un gouvernement provisoire ayant pour but de rétablir l'ordre et de ramener les soldats dans leurs casernes. Après d'âpres négociations entre le Soviet de Petrograd et le gouvernement provisoire, un compromis est trouvé le 14 mars 1917. En attendant la convocation d'une Assemblée constituante, le Soviet reconnaît la légitimité d'un gouvernement provisoire à tendance libérale, composé de représentants du Parti constitutionnel démocratique. Les révolutionnaires de gauche exigent du nouveau gouvernement qu'il applique un vaste programme de réformes politiques, fondé sur l'octroi des libertés fondamentales, le suffrage universel, l'abolition de toute forme de discrimination, la reconnaissance des droits du soldat-citoyen et une amnistie immédiate pour tous les prisonniers politiques. Le Soviet de Petrograd rédige l'ordre Loi n° 1 qui protège les soldats révolutionnaires contre toute poursuite.

A partir du 15 mars 1917, deux idéologies se font face : les démocrates libéraux veulent moderniser la société russe, en s'inspirant du modèle capitaliste occidental et en instaurant la démocratie parlementaire. Les démocrates de gauche ont une toute autre vision de la politique. Ils envisagent une représentation directe du peuple, une démoctratie populaire.

Suite à l'abdication du tsar et à la disparition du régime tsariste, les premières élections au Soviet des ouvriers de Petrograd ont lieu. Entretemps, le gouvernement provisoire prépare les élections de la Constituante.