La révolution russe de février 1917

La révolution russe de février 1917 a une origine militaire, politique et climatique. La guerre contre la Triplice est mal vécue par la population, la gestion de l'armée est défaillante, l'armée russe manque de tout. Les défaites successives de l'armée ne rassurent pas les Russes. De plus, le régime tsariste est honni par la majorité de la population. Pour couronner le tout, l'hiver 1916-1917 est également dure et rude en Russie; les approvisionnements n'arrivent plus dans les villes à cause notamment des locomotives gelées.

La grogne se fait entendre le 3 mars 1917, lorsque les ouvriers de la grande usine Putilov de Petrograd se mettent en grève. Les premiers incidents éclatent le 5 mars suite à des rumeurs de rationnement du pain. Le lendemain, l'usine est  fermée faute de pièces de rechange. Les ouvriers sont mis en chômage technique. Pendant ce temps le tsar quitte la ville. Le 8 mars 1917 des cortèges de femmes manifestent dans les rues de la ville, réclamant du pain. Elles sont rejointes par des ouvriers grêvistes exigeant la fin de la guerre et l'instauration de la république. Le 9 mars, 150.000 ouvriers grêvistes marchent vers le centre-ville. Les Cosaques laissés à eux-mêmes sont débordés.

Le 10 mars des meetings sont organisés un peu partout dans la ville. La grêve est générale, des manifestants radicaux exigent la fin de la guerre et du tsarisme. Les dirigeants révolutionnaires restent prudents et ne prennent pas le leadership des manifestants. Nicolas II réagit en autocrate, il proclame l'état de siège et donne l'ordre à l'armée de mettre fin aux désordres dans les 24 heures. Le lendemain 11 mars, la police et l'armée ouvrent le feu sur les manifestants; plus de 150 d'entre eux sont tués. La Douma, le parlement russe, est dissoud.

Les choses s'accélèrent. Le 12 mars, des soldats se rebellent et rejoignent le camp des révolutionnaires. L'arsenal est pris d'assaut et dévalisé. Mis sous pression par l'état-major de l'armée, le tsar abdique pour le bien du pays en faveur de son frère, le grand-duc Mikhaïl Alexandrovitch Romanov. Devant la protestation populaire, ce dernier renonce à monter sur le trône. Le régime tsariste est tombé comme un fruit mûr.