La mémoire de Tabora (1916)

Durant la Première Guerre mondiale, la Belgique est surtout impliquée dans les batailles situées sur son territoire national en raison de sa neutralité. Elle participe néanmoins aussi au théâtre africain du conflit.

L'Afrique est en effet un des enjeux de la Première Guerre mondiale, puisqu'au début du 20e siècle tous les empires cherchent à étendre ou affirmer leur puissance coloniale. L'Empire allemand dispose, à cette époque, de plusieurs colonies dans des zones assez dispersées du continent. A l'Est, il tente de garder une mainmise sur la Tanzanie et le Burundi actuels. Malgré la résistance allemande, conduite sous la direction du commandant Lettow Vorbeck, les forces belges, menées par le lieutenant-général Charles Tombeur, finissent par y repousser les Allemands, pénètrent en Afrique orientale avec leurs renforts coloniaux et arrivent à rejoindre les troupes britanniques. Les Belges remportent une victoire symbolique : celle de Tabora le 19 septembre 1916.

Cette victoire reste gravée dans les mémoires, ce d'autant que la Belgique cède ce territoire conquis à la Grande-Bretagne. Elle est célébrée à de maintes reprises, durant l'entre-deux-guerres, notamment lors de cérémonies de salut au drapeau de Tabora sur la Grand-Place de Bruxelles, comme l'illustre ce cliché de 1926.

Dès le lendemain de l'Armistice, en décembre 1918, les habitants du tronçon de la rue au Beurre située dans l'axe de la rue des Fripiers, entre le Marché aux Poulets et la Bourse, souffrant d'un manque de visibilité commerciale, suggèrent au Bourgmestre de la Ville de dénommer leur voirie du nom d'un héros de la guerre. Le Collège choisit le 7 février 1919 d'honorer "la brillante campagne des troupes belges dans l'Est Africain et de donner le nom de Tabora à une voie publique de Bruxelles". Le nom de Charles Tombeur, baronifié en 1926, est choisi par l'édilité d'Etterbeek pour renommer la rue Ma Campagne.