En guerre

Pénurie et rationnement

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L’occupation allemande provoque la paralysie de l’économie bruxelloise.

Dans cette ville très dépendante des campagnes pour son approvisionnement, la pénurie se fait sentir dès la fin du mois d’août 1914. Rapidement, un extraordinaire réseau d’œuvres privées se met en place pour parer aux problèmes quotidiens.

Le Comité national de Secours et d’Alimentation les coordonne et assure la distribution des vivres, du charbon et des vêtements récoltés grâce à un immense mouvement de solidarité dans les pays neutres et alliés, notamment aux États-Unis.

En Allemagne, l’incapacité de l’État à organiser efficacement le ravitaillement des villes s’ajoute aux effets du blocus britannique et provoque une grave pénurie. La situation sanitaire de larges couches de la population se dégrade fortement, provoquant la remise en cause du régime impérial. À Berlin, Hambourg ou Düsseldorf, la faim et la malnutrition touchent durement les habitants. Comme à Bruxelles, survivre devient pour beaucoup la priorité.

 

Occupation et mobilisation industrielle

Dans les rues de la capitale, l’occupation se marque par la présence d’uniformes allemands et de nombreuses affiches qui couvrent les murs de la ville, donnant à lire, outre des nouvelles faussées et censurées de la guerre, les nombreux arrêtés pris par les nouvelles autorités qui réquisitionnent les biens des Bruxellois et restreignent leur liberté.

En Allemagne, on tente de soutenir l’effort de guerre. La réorganisation de l’économie et la mobilisation de toutes les ressources sont indispensables pour mener une guerre de cette ampleur.

 

Résistance et Burgfrieden

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De manière discrète, humoristique et percutante, les Bruxellois posent des petits gestes anodins en apparence mais qui ne trompent pas (porter des insignes patriotiques, lacérer les affiches administratives allemandes, etc.) pour rappeler à l’occupant que la population ne baisse pas les bras. La résistance prend aussi des formes plus organisées et clandestines - réseaux d’information et d’évasion - combattues par les Allemands.

Néanmoins, chaque Bruxellois n’est pas un patriote agissant: il y a des indifférents.

La population allemande est quant à elle convaincue de mener une guerre défensive dont l’Angleterre, présentée comme jalouse de l’expansion économique de l’Allemagne, est désignée comme le vrai ‘méchant’. C’est pourquoi, en dépit de tensions politiques et sociales de plus en plus fortes qui s’expriment, mettant ainsi fin à l’esprit d’union nationale ou «Burgfrieden» des premiers mois du conflit, le ‘front intérieur’ allemand tient et soutient la guerre jusqu’en septembre 1918.

 

 

 

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