Le travail de mémoire

Le travail de mémoire

Déjà pendant la guerre, comme dans la plupart des pays belligérants, les Belges prennent conscience de l’importance des événements.

Le besoin de commémorer les martyrs, les héros, civils et militaires, les hauts faits de guerre s’est très vite fait ressentir, à travers un discours glorifiant la Patrie et cristallisant la haine du « boche ». De grandes figures emblématiques comme le roi Albert, désormais appelé le "roi Chevalier", le bourgmestre Adolphe Max ou encore les résistantes Gabrielle Petit et Edith Cavell sont célébrées avec une grande ferveur. Le deuil de la Nation s’exprime particulièrement lors du transfert à Bruxelles du soldat inconnu en 1922 enterré au pied de la Colonne du Congrès. Les lendemains du conflit vont aussi voir se développer le tourisme de guerre, qui avait déjà commencé durant les hostilités, notamment pour rendre hommage aux victimes et pour s'imprégner des lieux, théâtres de batailles ou d'atrocités civiles.

D’innombrables monuments en souvenirs des morts belges et alliés sont érigés partout dans la ville, en plein air, mais aussi à l’intérieur des lieux publics comme les écoles, les gares ou les églises. Si les souffrances des populations civiles sont quelque peu oubliées de ces commémorations, le législateur reconnaît toutefois aux veuves et aux mères des soldats et des prisonniers politiques disparus un droit de vote exceptionnel.

De leurs côtés, notamment pendant toute la durée de l’entre-deux-guerres, les Archives de la Ville de Bruxelles se préoccupent de sauvegarder un maximum de traces de la vie quotidienne sous l’occupation en récoltant de nombreux documents et objets patriotiques dont la Collection Eugène Keym.

Le centenaire de la Première Guerre mondiale en 2014 est célébré partout en Europe et dans le monde. Ces commémorations multiples sont aussi particulièrement fécondes pour encourager la recherche et l'analyse scientifique des documents d'archives.

En créant un site consacré à "Bruxelles occupée", la Ville de Bruxelles s'inscrit dans ces impératifs de mémoire et, plus encore, d'histoire.

Pour les écoles

Un diaporama sur "Bruxelles occupée" est librement utilisable et téléchargeable. Ce montage, réalisé à partir de la documentation conservée aux Archives de la Ville de Bruxelles, montre la Première Guerre mondiale vue de Bruxelles sous l'occupation (entrée des Allemands et prise de pouvoir ; rationnement et réquisitions ; privations de liberté, contrôle de police et tracasseries administratives ; nouvelles du front et des prisonniers ; survivre et résister ; se souvenir). Les photos sont commentées en note pour permettre à l'enseignant de contextualiser chaque document et de choisir lui-même la meilleure approche avec sa classe.

Un autre diaporama sur "Les écoles sous l'occupation" est également téléchargeable. Ce montage présente l'enseignement pendant la Première Guerre mondiale à Bruxelles (école primaire au début du 20e siècle; la guerre éclate; une pédagogie de guerre?; l'état sanitaire; les loisirs; la libération).

Pour en savoir plus

Les célébrations mémorielles commencent dès la fin de la guerre et avec le retour d'Adolphe Max à Bruxelles, le 18 novembre 1918 ou l'entrée triomphale des souverains à la tête des troupes belges et alliées, le 22 novembre 1918. Les actualités filmées en gardent des témoignages exceptionnels: voir en ligne le film "Souvenirs" (Cinémathèque de Belgique) et les Annales de la guerre (ECPAD).

Parmi les héros de la Résistance, Edith Cavell est particulièrement honorée en Grande-Bretagne lors du transfert de ses cendres en 1919. Un film documentaire (en ligne) évoque cette cérémonie (Imperial War Museum).

Sur le tourisme "mémoriel", principalement en France, écouter l'émission radiophonique de France Culture avec Stéphane Audoin-Rouzeau.

Voir aussi l'aperçu des archives de la Première Guerre mondiale aux Archives de la Ville de Bruxelles.