Le Djihad, 1914-1918

Djihad 14-18, Jean-Yves Le Naour

Entre 1914 et 1918, l'Allemagne de Guillaume II cherche par bien des moyens à allumer dans les Empires français et anglais une rébellion massive des musulmans. Pour ce faire, quoi de mieux que de pousser le sultan de Constantinople, Mehmed V, à proclamer la guerre sainte contre les chrétiens ? Tout est pensé, mûri, réfléchi par les stratèges allemands : le panislamisme et le djihad assureront la victoire du Reich.
Ce projet, pris très au sérieux dans les ministères de Berlin, Londres et Paris, fut un échec, tant au sein d'un Empire ottoman en décomposition qu'au Maghreb, où les appareils administratifs et policiers coloniaux secondés par des réseaux de notables tiennent bon. Les Marocains, les Tunisiens et les Algériens servirent massivement dans l'armée française, et tous payèrent leur fidélité au prix du sang. Ce ne fut qu'en Libye, conquise depuis peu par les Italiens, que les Alliés eurent du mal à contenir la révolte. Si les peuples musulmans exigèrent, durant et après la guerre, des droits nouveaux, ce fut le panarabisme, non le panislamisme, qui servit d'étendard commun.
Pour rendre compte de cette réalité totalement méconnue, et pourtant passionnante, de l'histoire de la Grande Guerre et restituer tant les plans allemands que les questions qui traversèrent alors le monde musulman sous domination européenne, il fallait la connaissance intime de la période et le sens du récit de Jean-Yves Le Naour.

LE NAOUR (Jean-Yves), Djihad 1914-1918. La France face au panislamisme, Paris, Editions Perrin, 2017, 250 pages