1918 de la grande peur à la Victoire

1918. De la grande peur à la victoire par Pierre MIQUEL

Le 11 novembre 1918, les combats cessent sur le front de France. Les hommes sortent des tranchées, la foule se presse à la Concorde, dans le monde entier la joie éclate. Mais les hommes ont payé cette paix d’un lourd tribut. Le conflit n’a jamais été si meurtrier qu’en 1918.
21 mars : les Allemands attaquent sur le front de Saint-Quentin. Quatre mois durant, les Alliés frôlent la défaite.
18 juillet : les Français contre-attaquent, avec l’appui des Américains et des chars. Il faudra trois mois pour acculer l’Allemagne à la défaite.
11 novembre : à 10 h 55, le soldat Trébuchon tombe frappé d’une balle dans la tête, le dernier des huit millions de victimes.
Pierre Miquel a profondément renouvelé l’histoire de 1918, l’année de la victoire. Une victoire douloureuse, celle des poilus, mais aussi des nations combattant en France pour la paix et la liberté des peuples.

MIQUEL (Pierre), 1918 De la grande peur à la victoire, Paris, Editions Tallandier, 2018, 416 pages.


La Grande Guerre 1914-1918

La Grande Guerre par François COCHET

Le conflit mondial de 1914-1918 ouvre tragiquement le XXe siècle. Sondant les mentalités, l'action des chefs comme des humbles, des civils comme des militaires, interrogeant les attitudes de ceux qui décident, autant que de ceux qui vivent la guerre dans le froid des usines ou dans la boue des tranchées, François Cochet englobe toutes les dimensions de ce conflit total. Synthèse d'ampleur refusant de céder à une lecture partisane et exclusivement hexagonale, l'ouvrage répond ainsi à toutes les questions sur cet affrontement dantesque.

COCHET (François), La Grande Guerre, Paris, Editions Perrin, 2018, 576 pages

La guerre sous-marine allemande

La Guerre sous-marine allemande (1914-1945) par François-Emmanuel BREZET

En août 1914, les grandes marines européennes viennent de mettre en service leurs premiers sous-marins, sans vraiment avoir défini au préalable les conditions de leur emploi opérationnel. La marine impériale allemande est la première à envisager leur engagement dans l'attaque de la navigation commerciale ennemie. La vague d'indignation internationale soulevée par le torpillage, le 7 mai 1915, du paquebot britannique Lusitania apporte la preuve que cette nouvelle forme de guerre va à l'encontre des accords conclus entre les grandes puissances maritimes, et qu'elle expose la nation – qui n'hésite pas à la pratiquer – à l'accusation de barbarie.
Tout à fait conscient de ce risque, le gouvernement allemand hésite jusqu'en février 1917 à recourir à la seule forme extrême dont il peut attendre le succès : la guerre sous-marine à outrance. Déclenchée trop tard et avec des moyens insuffisants, elle ne fait que contribuer à l'effondrement final du Reich impérial.

Dans la deuxième partie de l'ouvrage, l'auteur traite de la campagne des U-Boote pendant la Seconde Guerre mondiale et ses conséquences.


BREZET (François-Emmanuel), La Guerre sous-marine allemande, 1914-1918, Paris, Editions Perrin, 2017, 400 pages

 

Traité de Versailles 1919-1920

Ils ont refait le monde, par Jacques-Alain de Sédouy

Comment, après une guerre d’une ampleur et d’une férocité jamais vues, les politiques et les diplomates auraient-ils pu appliquer les recettes traditionnelles ? Il fallait tout rebâtir.
Voulait-on tenir une conférence de vainqueurs ou préparer une paix durable en y associant l’Allemagne ? Quelle place faire aux idées portées par le président des États-Unis, puissance extra-européenne entraînée tardivement mais de manière décisive dans un conflit planétaire ? De quelle façon rebâtir le monde en l’absence de la Russie bolchevique, quelles suites donner à l’éclatement des empires austro-hongrois et ottoman, quel Proche-Orient nouveau faire émerger, comment traiter la Chine et le Japon, que faire des colonies allemandes ? De quels moyens doter la Société des Nations appelée à réguler désormais les relations internationales ? De quelle manière assurer la sécurité de la France, principal contributeur à la victoire, face à une Allemagne qui conservait toute sa puissance, restait persuadée de ne pas avoir été vaincue et croyait avoir reçu le fameux « coup de poignard dans le dos » ?

On mesure la radicale nouveauté et la formidable complexité des problèmes que la conférence de la paix et les gouvernements ont dû résoudre en 1919 et 1920. C’est bien à tort que, dans les années 1930 (et parfois encore aujourd’hui), on a reproché au traité de Versailles et à ceux de la « banlieue parisienne » d’avoir ouvert la voie à la Seconde Guerre mondiale. Ce ne sont pas ces textes qu’il faut incriminer, mais plutôt les hommes d’État qui les ont mis en oeuvre par la suite.

Réexaminé cent ans plus tard à l’aide d’une documentation largement inédite par un spécialiste de l’histoire de la diplomatie, cet épisode crucial, trop souvent éclipsé par l’ombre portée de la guerre, apparaît ici en pleine lumière. Ce récit fournit une clef essentielle à la compréhension du XXe siècle.

DE SÉDOUY (Jacques-Alain), Ils ont refait le monde 1919-1920. Le traité de Versailles, Paris, Eduitions Tallandier, 2017, 352 pages

Les Indiens d'Amérique du Nord pendant la Grande Guerre

Les Indiens d'Amérique du Nord dans la Grande Guerre,1917-1918 par Jacques Rouzet

Sur le front occidental, pendant la Première Guerre mondiale, les tranchées n'étaient pas uniquement occupées par des Européens, mais également par des hommes provenant des colonies et par des Amérindiens originaires des États-Unis et du Canada (Natives).
En 1914, 4 000 Indiens du Canada débarquent en France, et avec l'entrée en guerre des États-Unis en 1917, 15 000 Indiens des États-Unis les rejoignent.
Qui sont-ils? Comment ont-ils été recrutés ? Quelles étaient leurs compétences particulières ? À quelles tâches ont-ils été employés ?
Ils proviennent des tribus Sioux, Cheyennes, Comanches, Apaches, Crows, Choctaws, Blackfeet, Navajos. Ils combattirent avec leurs frères d'armes les Doughboys ou les Tommies, les Tirailleurs sénégalais et les Australiens. Ils n'avaient même pas la nationalité américaine, mais ils se sentirent pleinement Américains pour combattre les soldats du Kaiser et mourir, couverts de boue, dans les tranchées. Ils obtiendront leur citoyenneté américaine en 1924.
L'auteur, Jacques Rouzet, nous raconte leur histoire, émouvante et superbe, dans un livre bien documenté.
 

Le Djihad, 1914-1918

Djihad 14-18, Jean-Yves Le Naour

Entre 1914 et 1918, l'Allemagne de Guillaume II cherche par bien des moyens à allumer dans les Empires français et anglais une rébellion massive des musulmans. Pour ce faire, quoi de mieux que de pousser le sultan de Constantinople, Mehmed V, à proclamer la guerre sainte contre les chrétiens ? Tout est pensé, mûri, réfléchi par les stratèges allemands : le panislamisme et le djihad assureront la victoire du Reich.
Ce projet, pris très au sérieux dans les ministères de Berlin, Londres et Paris, fut un échec, tant au sein d'un Empire ottoman en décomposition qu'au Maghreb, où les appareils administratifs et policiers coloniaux secondés par des réseaux de notables tiennent bon. Les Marocains, les Tunisiens et les Algériens servirent massivement dans l'armée française, et tous payèrent leur fidélité au prix du sang. Ce ne fut qu'en Libye, conquise depuis peu par les Italiens, que les Alliés eurent du mal à contenir la révolte. Si les peuples musulmans exigèrent, durant et après la guerre, des droits nouveaux, ce fut le panarabisme, non le panislamisme, qui servit d'étendard commun.
Pour rendre compte de cette réalité totalement méconnue, et pourtant passionnante, de l'histoire de la Grande Guerre et restituer tant les plans allemands que les questions qui traversèrent alors le monde musulman sous domination européenne, il fallait la connaissance intime de la période et le sens du récit de Jean-Yves Le Naour.

LE NAOUR (Jean-Yves), Djihad 1914-1918. La France face au panislamisme, Paris, Editions Perrin, 2017, 250 pages

 

1914-1918, l'autre hécatombe

1914-1918 l'autre hécatombe. Enquête sur la perte de 1.140.000 chevaux et mulets, par Claude MILHAUD

1914-1918 L'autre hécatombe

Le mérite de ce livre est de quantifier un sacrifice oublié : la perte de plus d'un million de chevaux et de mulets de l'armée française pendant la Grande Guerre, soit 60 % du cheptel militaire. Malgré le développement spectaculaire de la motorisation, l’insuffisance de ces effectifs a constitué une menace permanente sur la capacité opérationnelle des armées, en particulier durant le dernier trimestre du conflit. L’auteur identifie, puis explique les causes immédiates des pertes en chevaux et mulets enregistrées au cours des cinquante-deux mois de guerre, et conduit à proposer au lecteur trois causes profondes à cette hécatombe : l’imprégnation de l’organisation des armées par le concept de guerre courte, l’illusion induite par la compensation des pertes par des achats à l’étranger, les négligences et abus constatés tout au long de la guerre dans l’utilisation et l’entretien des équidés. Les textes réglementaires et les échanges de correspondances entre les armées et les organes ministériels, puisés dans les archives du Service historique de la Défense, ont constitué l’essentiel de sa documentation. Un ouvrage qui ne se lit certes pas comme un roman, mais qui répond précisément à une question en suspens depuis un siècle.