1914-1918, l'autre hécatombe

1914-1918 l'autre hécatombe. Enquête sur la perte de 1.140.000 chevaux et mulets, par Claude MILHAUD

1914-1918 L'autre hécatombe

Le mérite de ce livre est de quantifier un sacrifice oublié : la perte de plus d'un million de chevaux et de mulets de l'armée française pendant la Grande Guerre, soit 60 % du cheptel militaire. Malgré le développement spectaculaire de la motorisation, l’insuffisance de ces effectifs a constitué une menace permanente sur la capacité opérationnelle des armées, en particulier durant le dernier trimestre du conflit. L’auteur identifie, puis explique les causes immédiates des pertes en chevaux et mulets enregistrées au cours des cinquante-deux mois de guerre, et conduit à proposer au lecteur trois causes profondes à cette hécatombe : l’imprégnation de l’organisation des armées par le concept de guerre courte, l’illusion induite par la compensation des pertes par des achats à l’étranger, les négligences et abus constatés tout au long de la guerre dans l’utilisation et l’entretien des équidés. Les textes réglementaires et les échanges de correspondances entre les armées et les organes ministériels, puisés dans les archives du Service historique de la Défense, ont constitué l’essentiel de sa documentation. Un ouvrage qui ne se lit certes pas comme un roman, mais qui répond précisément à une question en suspens depuis un siècle.


Les Etats-Unis et la Première Guerre mondiale

Les Etats-Unis dans la Grande Guerre, par Hélène HARTER

 

Les_Etats_Unis_dans_la_Grande_Guerre

Voilà une histoire totale (politique, économique, militaire, sociale) servie par une écriture fluide, dans une démarche pondérée, lucide, documentée. Que demande le peuple?

Hélène Harter nous présente la posture singulière des USA dans le conflit, celle d'une nation neutre, puis associée et non pas alliée. Celle aussi d'une société hétérogène. Un combattant sur cinq n'est pas né aux Etats-Unis, des millions d'Américains sont des sous-citoyens (les Noirs, les Indiens). De la nécessité de susciter l'adhésion de tous, notamment par la propagande, avec des succès variables : il y a plus de réfractaires à la conscription en 1917-1918 que pendant le Viêtnam. Et la guerre réactive la violence raciste, avec la renaissance du Ku Klux Klan et des lynchages de Noirs, y compris parmi les soldats. On comprend que l'étude strictement militaire n'est qu'une partie mineure du livre, qui correspond d'ailleurs, par son volume, au bref engagement des Etats-Unis dans le conflit : quelques mois en 1918.

On pourrait ergoter sur l'un ou l'autre passage [ce que transportait le Lusitania quand il a été torpillé], regretter le peu de cartes et trouver que la conclusion embellit le rôle des Etats-Unis. Mais le livre d'Hélène Harter n'en reste pas moins un excellent travail sur la Grande Guerre, ce qui est devenu suffisamment rare pour être souligné.

J.-C. Delhez (dans Science & Vie Guerres et Hiostoire n° 38, août 2017, p. 86)

HARTER (Hélène), Les Etats-Unis dans la Grande Guerre, Paris, Editions Tallandier, 2017, 512 p. (Disponible en version numérique )

Les Poilus de Harlem

 

Les poilus de Harlem. L'épopée des Hellfighters dans la Grande Guerre, par Thomas SAINTOURENS

 Les_Polus_de_Harlem

Ils sont porteurs de valises, manutentionnaires, boxeurs, mais aussi avocats ou musiciens de jazz. Tous Noirs américains. Le 15e régiment d’infanterie de la garde nationale de New York, créé en 1916 à Harlem, est une équipée de choc, composée de 2 000 soldats et de quelques officiers noirs, menés par une poignée de hauts gradés blancs idéalistes. Par leur engagement dans la guerre mondiale, ils entendent briser la logique de ségrégation et prouver leur valeur humaine sur les champs de bataille.
Le 1er janvier 1918, ils débarquent à Brest en entonnant une Marseillaise jazz, prêts à se battre. D’abord relégué aux travaux manuels, ce régiment atypique, rebaptisé 369e RIUS, combattra à une seule condition : sous commandement français, intégré aux poilus, évitant ainsi à l’US Army le mélange des couleurs dans ses rangs. Surnommés « Hellfighters » par les Allemands, ils multiplieront les faits d’armes dans les tranchées de la Marne.
La Grande Guerre sera-t-elle le tremplin espéré vers leur reconnaissance ?

Thomas Saintourens raconte pour la première fois en France la formidable épopée de ces oubliés de l’Histoire. James Europe, le grand chef d’orchestre, fait vibrer la France au rythme du jazz, le peintre Horace Pippin croque dans ses carnets de bord la vie dans les tranchées et Henry Johnson, le modeste porteur de valises d’Albany, gagne le surnom de « Black Death » après une bataille héroïque. Si le 369e reçoit les plus hautes décorations françaises, l’Amérique blanche, elle, oubliera ses héros, pourtant dignes d’un film d’Hollywood.

SAINTOURENS (Thomas), Les Poilus de Harlem. L'épopée des Hellfighters dans la Grande Guerre, Paris, Editions Tallandier, 2017, 288 p. (Disponible en version numérique)

Les exilés belges en France. Histoire oubliée, 1914-1918.

1914-1918. Les exilés belges en France.Histoires oubliées /Jean-Pierre Popelier, Isabelle Kaanen-Vandenbulcke, Jacques Ganty, Patrick Loodts, Lara Loose, Jean-Philippe Préaux, Mélodie Brassinne, Isabelle Masson-Loodts

 
Huit histoires inédites de réfugiés belges en France pendant la Grande Guerre
 
À propos de l’ouvrage

Durant la Grande Guerre, 350 000 Belges se sont exilés en France. Après avoir traversé cette épreuve loin de leur terre natale, ces « Belges du Dehors » ont été accusés d'avoir échappé aux terribles souffrances de l'occupation brutale subie par les « Belges du Dedans ».
En France pourtant, certains, dont le gouvernement en exil, ont activement participé à la logistique de leur armée en guerre. D'autres ont permis aussi le maintien de l'activité économique de leurs régions d'accueil, privées des hommes mobilisés au front. La plupart ont fait preuve, entre eux, d'une solidarité exceptionnelle.
À l'heure où la figure du réfugié questionne plus que jamais, ce livre met en lumière l'inventivité et le courage des exilés belges de 14-18.

Les exilés belges en France. Histoire oubliée, 1914-1918, Bruxelles, éditions Racine, 2017, 232 pages

14-18. La réalité cachée

14-18, la réalité cachée, GIAN LAURENS

Voici la Première Guerre mondiale comme on ne vous l’a jamais racontée.

Dans « 14-18, la réalité cachée », l’auteur dresse un tableau sans concession du nombre incroyable d’inepties volontaires ou involontaires qui ont parsemé les récits de 14-18.

De la question de savoir si, en 1914, l’armée française était en retard d’une guerre (comme elle l’avait été en 1870 et le sera en 1940) à la raison pour laquelle tant de soldats se sont soumis à l’horreur sans qu’on les y force, l’auteur, poussé par le besoin de savoir, s’interroge :

- pourquoi les grands chefs français ont-ils persévéré dans des offensives qui conduisirent à de monstrueux massacres militairement inutiles ?
- quels sont les éléments, aussi différents que la culture ou même le climat, qui ont pu avantager l’un ou l’autre des adversaires ?
- pour avoir été vaincue en 1918 et en 1945, l’Allemagne serait-elle affligée d’un « déterminisme génétique de l’échec guerrier » ?
- la France a-t-elle vraiment récupéré du gigantesque traumatisme de la Grande Guerre, cent ans après ?
- et surtout, qui fut le vrai vainqueur en 1918 ?

Gian Laurens passe en revue et rectifie, à la lumière des dernières recherches, bon nombre de ces faits bien souvent encore tabous.

GIAN LAURENS, 14-18, la réalité cachée, Waterloo, éditions Jourdan, 2017

Histoire de l'armée française. 1914-1918

Histoire de l'armée Française, 1914-1918, Remy PORTE et François COCHET

11 novembre 1918. L’armée française est sans nul doute la plus puissante et la plus moderne du monde. La réputation qu’elle s’est acquise n’a rien d’usurpé (elle ne la perdra d’ailleurs qu’en 1940) : forte de 800 000 hommes au début de l’année et de plus de 2,5 millions le 2 août 1914, elle a continué tout au long du conflit à connaître des bouleversements considérables tant en termes politiques que technologiques, de recrutement comme de matériels.
Qu’il s’agisse de son organisation ou du style de commandement, de ses équipements et de leur doctrine d’emploi, de la formation du personnel ou de la technicité croissante de ses
matériels, de l’importance du soutien logistique, des relations entre soldats et officiers ou des généraux entre eux, les évolutions dans l’armée s’accélèrent dès l’automne 1914 et trouvent leur aboutissement dans la victoire.
Conjuguant l’histoire militaire, sociale, culturelle et des techniques, cette vaste fresque dressée par deux historiens spécialisés montre comme on ne l’avait jamais fait comment a été édifié la première armée du monde.

PORTE, Rémi et COCHET, François, Histoire de l'armée française, 1914-1918, Paris, éditions Tallandier, 2017, 528 pages

La Guerre des Russes blancs, 1917-1920

La guerre des Russes blancs, Jean-Jacques MARIE

De 1917 à 1922, la guerre civile a causé des ravages en Russie : des millions de morts, des épidémies de typhus et de choléra, la famine, la misère, des populations terrorisées, déportées, massacrées. À l’abdication de Nicolas II en 1917, les bolcheviks − les Rouges − prennent le pouvoir. Comment les Blancs ont-ils pu perdre une guerre dont ils s’étaient vus tant de fois les vainqueurs ?
Les Blancs, des généraux de l’ancienne armée proscrits – notamment Denikine, Koltchak, Wrangel − organisent la lutte pour le retour du régime tsariste. Leur action prend naissance dans le sud du pays, puis s’étend jusqu’en Sibérie. Face à la terreur rouge et blanche qui s’abat sur eux, les paysans se révoltent contre les réquisitions des récoltes et la conscription imposée, souvent appuyés par des bandes de pillards partisans. Les « Verts », comme on les appelle, se battent également contre les Blancs et les Rouges. Le pays est en plein chaos. Mais les Blancs connaissent des divisions politiques et militaires.
Devant l’ampleur des menaces, le gouvernement bolchévique proclame la mobilisation générale et obligatoire. Trotsky prend la direction de l’Armée rouge, qui passe d’un million d’hommes en 1918 à plus de cinq millions en 1920, et élimine les unes après les autres les armées blanches. Les dernières forces blanches rassemblées en Crimée par le général Wrangel sont battues par l’Armée rouge en novembre 1920. Ces années d’affrontements, d’exactions et de terreur font des millions de morts parmi les troupes et la population victimes des combats, de la famine, des épidémies. La richesse inégalable de ces sources inconnues en France fait de ce livre non seulement un récit unique des coulisses de l’histoire, un rapport sur le vif du quotidien des hommes et des populations, une image sans retouches de la vérité historique, mais aussi une synthèse magistrale sur cet épisode tragique de l’histoire russe.

MARIE, Jean-Jacques, La guerre des Russes blancs, 1917-1920, Paris, éditions Tallandier, 2017, 528 pages